Les trafics sur l'axe routier Rutshuru-Goma ont été interdits depuis la chute d’une majeure partie des territoires de Rutshuru et Nyiragongo sous contrôle des combattants du M23 entre juin et novembre 2022 dernier. Mais des voyages s’y effectuent déjà sans aucune réouverture officielle de cette dernière après que le gouverneur militaire ait décidé de sa fermeture jusqu’à nouvel ordre alors que ce dernier l’avait ouvert aux trafics pour seulement quelques heures mercredi 1er mars dernier.
Mais malgré cette suspension des trafics, des motocyclistes avec leurs passagers et des marchandises empruntent déjà cette route pour tenter de relier la ville de Goma aux grands centres du territoire de Rutshuru avant la décision contraire du chef de l’exécutif provinciale.
Pour nombreux passagers et taximen-moto qui bravent la peur pour se rendre dans cette partie de la province encore assiégée par les combattants du M23, ils n’ont pas d’autres choix que celui-là. Pour certains, ils affirment ne plus être en mesure d’endurer la situation socio-économique qui semble leur être imposée à Goma, capitale provinciale du Nord Kivu où ils se sentent enfermés, alors que les autres, des opérateurs agricoles affirment fréquenter ce lieu pour aider la ville à accéder aux vivres suite à cette carence en nourriture qui frappe la ville touristique.
Cette question tournante à l’heure actuelle plus d’un habitant de la ville qui se demandent par quel mécanisme ces trafiquants parviennent à franchir la dernière ligne des FARDC, armée congolaise. Mais selon des témoignages, ces motocyclistes sont soumis au paiement de certaines sommes d’argent pour franchir, cela selon les résultats de marchandage.
Sur le point sécuritaire, cela reste perçu comme un risque à courir et pour les usagers de cette route et pour la ville de Goma. Par contre, ces mêmes usagers affirment que pour toute embarcation en provenance de Rutshuru, un contrôle minutieux des colis transportés et surtout des cartes d’électeurs s’effectue à la sortie de la zone des rebelles pour s’assurer de ne pas favoriser les infiltrations des rebelles en ville de Goma.
Depuis la fermeture de cette route, la population de Goma multiplie des plaidoyers pour que les trafics reprennent sur ce tronçon à cause de son importance capitale sur la vie socio-économique de la ville volcanique et certaines autres villes comme Bukavu et Kindu qui dépendent économiquement de la province du Nord-Kivu.
Diddy MASTAKI, Goma