Les dénonciations de la corruption dans des Centres d'Enrôlement et d'identification des électeurs, parmi les difficultés qui guettent les femmes et enfants de militaires depuis le début des opérations, ces derniers demandent à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) de créer un centre uniquement en leur faveur pour se procurer de cartes d'électeurs.
Dans un entretien avec Congorassure.cd jeudi 30 mars courant au camp Katindo, les femmes de militaires et policiers confirment avoir toujours eu du mal à se faire enrôler car n'ayant pas l'argent qui semble être le moyen le plus facile pour se faire enrôler. Elles font savoir que sans cela, le risque de ne pas obtenir la carte s'élève à 90%, pourtant la fin pour les opérations d'enrôlement s'annoncent pour le samedi 01 avril prochain, après 15 jours supplémentaires ajoutés par la CENI dans l'A03.
Il est plus étonnant de voir que le monnayage de la carte d'électeur devient normal dans presque tous les centres d'enrôlement, sous l'œil impuissant des autorités provinciales, nationales et surtout celles de la CENI qui font toutes semblant.
« Aujourd'hui pour s'enrôler, il faut avoir de l'argent, si tu n'as pas 5 USD ou soit 5. 000 FC, tu ne peux trouver une carte d'électeur, c'est ce qui est devenu normal et nous nous ne savons pas quoi faire, c'est comme si nous ne sommes plus des Congolais », a dit une femme d'un militaire.
« Moi je n'ai pas encore trouvé ma carte d'électeur, c'est vraiment regrettable pour nous la population civile si pour avoir une carte d'électeur il faut d'abord payer auprès de certains chefs de centres qui majoritairement ont des listes préétablies avec les noms de leurs privilégiés, difficile pour ceux qui viennent les matins de se faire enrôler », ajoute une femme d'un policier, demandant à la CENI de fixer un prix raisonnable pour une carte si elle trouve normal que ça s'achète.
« Au moins encore que nous allions acheter les cartes à la CENI si elle trouve cela normal au lieu que nous allions nous disputer dans des centres d'enrôlement, comment devons-nous manquer des cartes d'électeurs pendant que c'est de notre droit, nos maris travaillent pour ce pays, meurent sous le drapeau et voilà ce qui se passe pour nous », poursuit cette femme.
Cependant, les femmes et enfants de militaires expriment leur souhait de voir la CENI créer un seul Centre d'enrôlement, uniquement en leur faveur car disent-elles qu'elles sont à un nombre très élevé et dont le besoin reste le même « il n'est jamais tard dit-on, nous demandons à la CENI de nous créer un Centre d'enrôlement où nous irons chercher les cartes d'électeurs sans nous disputer, sans nous pousser dans la corruption car nous ne pouvons pas accepter de donner de l'argent pour que l'on nous donne ce qui est de notre droit, jamais, jamais et jamais », conclue une autre femme sous un ton émotionnel.
Emmanuel MWENE, Goma