Quelques semaines après avoir rompu avec son petit ami violent Jacques (nom d'emprunt), la jeune Olive (nom d'emprunt) reçoit un message WhatsApp d'un numéro inconnu la menaçant de divulguer des photos intimes d'elle si elle n'envoie pas une somme de 1000 dollars américains dans les quarante-huit heures qui suivent. Effrayée, la jeune femme de 26 ans ne sait plus où donner de la tête ; elle se sent gênée d'en parler à un proche craignant sa réaction après qu'elle aura avoué d'avoir au moins une fois partager ses photos intimes avec une tierce personne. Les menaces ne dureront que trois jours, après quoi l'agresseur impatient et assoiffé de ruiner la vie d'une jeune femme, décidera de rendre public sa plus grande intimité.
Le récit d'Olive n'est pas un cas unique, plusieurs internautes Congolais sont déjà passés par cette situation embarrassante. Parmi eux, certains qui ont accepté de se confier sous anonymat à www.congorassure.cd, ont affirmé que les bourreaux sont pour la plupart des cas des personnes de leur entourage ; un(e) ancien(ne) petit(e) ami(e), un dragueur ou juste un proche malintentionné. La jalousie, la vengeance, la haine ou tout simplement l'envie de nuire sont souvent les raisons qui motivent les bourreaux ; ont précisé quelques victimes.
Ce phénomène récurrent est appelé “sextorsion” à en croire Lyliane Safi Sharanguza, journaliste et formatrice junior en sécurité numérique. Dans une interview accordée à www.congorassure.cd elle précise que l'on parle de sextorion lorsqu'un internaute menace diffuser au public une photo ou une vidéo intime de la victime si celle-ci n'envoie pas de l'argent ou d'autres images ou ne rend pas un quelconque service à l'agresseur.
“Ce fléau est présent dans notre communauté et affecte des milliers d'internautes à travers le pays dont particulièrement les jeunes,” poursuit-elle.
Olive avait donc été victime de sextorion et malheureusement pour elle, son agresseur n'a pas hésité de divulguer au monde entier ses images intimes poussant la jeune femme dans une grande dépression et une phobie du numérique.
Comme pour la plupart des cas, le bourreau d'Olive serait quelqu'un de son entourage, son ex petit ami peut-être ; car selon la journaliste Lylianne Sharanguza; “les bourreaux sont souvent des personnes qui connaissent bien leurs victimes et qui savent comment procéder pour atteindre leurs objectifs.
Ainsi, l'une des principales choses à faire lorsqu'on devient victimes de sextorsion est de couper tout contact avec le bourreau.
“ Dès que les menaces commencent, éviter de paniquer pour ne pas y céder puis couper directement le contact avec le bourreau en bloquant son compte et en le signalant. Les mécanismes de signalement des comptes sont disponibles sur tous les réseaux sociaux, Facebook, Twitter, Instagram, WhatsApp, … ” indique-t-elle tout en précisant que l'étape suivante consiste à chercher de l'aide.
“ Les menaces du bourreau peuvent rapidement générer du stress et de la dépression à la victime, voilà pourquoi il est conseillé aux personnes qui subissent la sextorsion de toujours se confier à une personne digne de confiance en vue de chercher une solution durable ensemble.”
Toutefois, il est possible d'éviter que l'on se retrouve un jour face à ce phénomène. Que les internautes évitent de partager des contenus intimes avec les personnes qui peuvent facilement leur nuire ou carrément éviter de se filmer nus, recommande Lylianne Sharanguza.
Notons que l'avènement des nouvelles technologies de l'information et de la communication a apporté avec lui des nouvelles formes de violence à travers le monde. Dans ce contexte, assurer la sécurité numérique de tous les internautes est ainsi devenu l'objet de plusieurs luttes à travers le monde. En RDC, l'insuffisance du cadre juridique en ce qui concerne la répression des violences en ligne retarde les pas de ce nouveau combat.
Nicole Lufungi, Beni