Le phénomène enfant dans la rue bat son record en ville de Goma depuis l’afflux des déplacés de la guerre entre les combattants du M23 et les forces armées de la RDC dans une partie des territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi au Nord-Kivu.
Un nombre important d’enfants en vagabondage est perceptible ces derniers temps sur presque toutes les artères principales de la ville touristique. Ces enfants dont l’âge varie entre 5 et 17 ans disent descendre dans la capitale provinciale du Nord-Kivu pour quémander afin d’avoir quelque chose pourtant répondre à certains besoins de leurs familles.
Une triste réalité, la plupart de ces derniers affirment être poussés par leurs parents pour cette mendicité à travers la ville à cause de la vie pénible qu’ils traversent dans différents sites des déplacés qui les ont accueillis depuis le mois de juin 2022 dernier, en dépit de tous les dangers qui les guettent dans cette vie qui paraît comme une obligation pour eux afin de survivre avec leurs familles.
« Nous venons de Kanyaruchinya pour quémander à Goma parce que nos parents n’ont rien à nous donner. Quand nous avons fui la guerre, on nous disait qu’on va nous faire la nourriture, mais on ne nous a rien donné. Donc toutes les promesses qu’ils nous ont faites restent des mensonges. C’est pourquoi au lieu de mourir de la famine, nous venons demander de l’aide en ville », explique à CONGORASSURE.CD un enfant rencontré dans la rue.
Cette pratique reste condamnée par plusieurs défenseurs des droits des enfants qui considèrent cette éjection des enfants sur la rue comme une bombe en retardement, car l’éducation de ces derniers est mise en péril au vu et au su des des autorités compétentes.
« Nous sommes consternés par cette pratique qui met en péril les vies de ces enfants pas parce qu’ils le veulent, moi tout simplement parce que le gouvernement ne veut pas prendre ses responsabilités. Ils sont tout d’abord dans le trauma de la guerre et celui de manque d’assistance humanitaire. Ce qu’il faut faire c’est assurer leurs protection et encadrement tout le temps qu’ils seront en déplacement en attendant le rétablissement de la paix dans leur terroir où, eux aussi, avaient leur place à l’école comme tous les autres enfants », réagi Nicole Kavira activiste des droits de la femme et des enfants.
Ces enfants et les femmes sont pour l’instant des victimes numéro un de ce énième conflit armé que mène la rébellion du M23 au Nord-Kivu le mois de novembre 2022 avec la prise d’assaut de plusieurs entités des territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi.
Diddy MASTAKI, Goma