La province du Nord-Kivu compte actuellement près de 2,5 millions de déplacés. Ces statistiques sont contenues dans un bulletin publié mardi 4 avril dernier par l’organisation internationale Médecin Sans Frontières (MSF). Cette dernière parle d’une « catastrophe humanitaire » à laquelle la province est exposée.
Dans ce bulletin, le MSF note qu’en l’espace de quelques mois, des centaines de milliers de personnes ont été forcées de fuir leurs maisons et villages pour se déplacer vers des familles d’accueil ou des sites informels.
« Autour de Goma, les abris de fortune, réalisés avec quelques bâches de plastique et des moustiquaires, s’amassent à perte de vue, tandis que les églises et les écoles offrent à de nombreuses familles, un refuge précaire. Environ 3 000 abris, accueillant à l’heure actuelle environ 15 000 personnes, ont été construits depuis un an à la périphérie de Goma ; un chiffre bien trop faible par rapport à l’ampleur des besoins. Des familles entières sont depuis des mois à la merci des intempéries, des épidémies et des violences, comme en témoigne le nombre inquiétant de victimes de violences sexuelles que nous soignons chaque jour dans nos structures », lit-on dans ce document.
Pour MSF, ces familles sont ainsi exposées à plusieurs maladies. « Au cours des mois passés, la rougeole et le choléra ont éclaté dans des sites de déplacés au nord de Goma, dans le territoire de Nyiragongo, tandis que ces dernières semaines la situation sanitaire est devenue critique à Bulengo et Lushagala, où les cas suspects de rougeole et de choléra se sont multipliés », indique-t-il.
Les conséquences de cette crise s’observent dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Lubero où l’accès aux structures sanitaires devient de plus en plus difficile.
« De nombreuses structures médicales sont à court de médicaments à cause de problèmes d’approvisionnement. Dans le territoire de Rutshuru, par exemple, certains centres de santé n'ont pas reçu de médicaments depuis des mois. Dans ces territoires, l'accès aux soins, déjà difficile auparavant, l’Est devenu encore plus aujourd'hui étant donné le manque de structures de santé fonctionnelles et le coût des soins médicaux, inabordable pour beaucoup dans le contexte de la crise économique actuelle », souligne cette organisation.
Médecins Sans Frontières affirment que ses équipes d’urgence continuent à offrir des soins médicaux, assurer l’approvisionnement en eau potable et renforcer les conditions d’hygiène sur différents sites de déplacés.
Martin Leku