Des réfugiés Ougandais, Burundais et Rwandais vivant en ville de Goma, province du Nord-Kivu dans la partie Est de la République Démocratique du Congo continuent à lever le ton autour de leur situation humanitaire dans ce pays d’accueil où ils vivent depuis des décennies après avoir fui des guerres en répétition dans leurs pays d’origine suite au changement des régimes politiques.
Ces réfugiés, pour la plupart urbains ne cessent d’accuser les organisations non gouvernementales chargées de leur protection de détournement des leurs aides humanitaires depuis plus d’un quinquennat.
Selon eux, au stade actuel de leur vie sur le sol Congolais, ils n’ont aucune protection venant des organisations censées intervenir pour leur assurer le minimum possible de la vie dans cette partie de la RD Congo qui reste elle-même déchirée par des guerres devenues un éternel recommencement depuis 1996, année marquant l’avènement de l’AFDL et toute sa suite essentiellement constituée des éléments du mouvement Tutsi Rwandais pour pourchasser des milliers des Hutu Rwandais, Burundais ou locaux soient-ils.
Dans une interview avec Congorassure.cd, ces réfugiés se sensibilisent mutuellement sur le vivre ensemble et sans discrimination pour défendre leur droit qu’ils supposent souffrir suite à la mégestion et détournement de leurs dons par ces ONGs, certains membres de la commission nationale pour les réfugiés et du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés œuvrant en RDC.
« Nous appelons tous les parents de ne plus perdre leur temps en cherchant l'ONG AIDES, allons tous au HCR où à la CNR. Veuillez me comprendre mes chers parents réfugiés. C’est pour notre bien », appelle un réfugié.
« Au stade actuel mes chers réfugiés Rwandais et Burundais, nous devons nous unir. Aujourd’hui toutes les organisations ne nous traitent plus comme avant à cause des différends que nous vivons. Si nous nous soudons, ils ne peuvent plus nous manipuler comme ils les font actuellement », sensibilise un autre réfugié.
Sous anonymat, il appelle les autres à la cohabitation pacifique et exhorte les autres à montrer leur ras-le-bol lors du prochain contrôle prévu en juin prochain. Pour lui, alors que la vie socio-économique demeure particulièrement difficile pour la population locale depuis l’asphyxie causée par la guerre de la rébellion du M23, les réfugiés traversent encore plus pire.
« Nous demandons à tous les réfugiés de venir en juin avec matelas, braseros, couvertures et tout ce qui est nécessaire pour un sit-in dans les installations du HCR parce que nous ne savons plus supporter cette souffrance alors que les agents de l’AIDES se font construire des villas avec les dons des réfugiés, attribuent nos bourses de réinstallation à leurs enfants vers d’autres pays d’origine, a-t-il ajouté.
Outre la situation socio-économique, ceux-ci mettent également la situation sécuritaire au premier plan qui reste caractérisée par la poursuite de la guerre dans la partie Est du pays, partie essentiellement occupée par des massacres des réfugiés en provinces du Nord et Sud Kivu. Ceux-ci appellent le gouvernement Congolais à s’impliquer davantage dans leur situation actuelle pour sauver des vies.
Diddy MASTAKI, Goma