La spoliation des biens publics de l'État devient un phénomène qui prend une proportion inquiétante à Goma Chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
Après plusieurs forfaits commis dans la ville, les réseaux mafieux dans la spoliation des biens de l'État au Nord-Kivu viennent d'obtenir un jugement unique sous le RC. 22.153/22.348 du Tribunal de grande Instance Goma qui octroie à un privé le quai d'accostage devant la Résidence officielle du Gouverneur du Nord-Kivu.
Le Gouverneur en congé Carly Nzanzu Kasivita qui lance l'alerte, condamne en même temps ces attitudes antipatriotiques qui doivent, selon lui, être découragées.
Plusieurs organisations de la société civile ont également dénoncé la spoliation de cet espace qui est de droit un fond de l'État et lequel État ne peut pas chaque fois perdre des procès contre des particuliers dans des dossiers liés aux spoliations de ses biens dans la ville.
C'est le cas par exemple du Président de la jeunesse de la commune de Goma, Jules Ngeleza qui condamne toutes ces manœuvres qui se font en plein état de siège. Il confirme l’érection d’une clôture sur cet espace et suppose qu’au stade actuel, il existe une main noire derrière toutes ces conspirations.
« Il s’observe des constructions d'une clôture sur une partie comprise entre la station de pompage et captage de l’eau de la REGIDESO, et le bureau de la police lacustre vers l’endroit appelé Kamuchanga par un certain groupe d’opérateurs économiques qui auraient bénéficié d’un accompagnement de certaines autorités de l’état de siège. Et cette partie sert d’utilité publique permettant à la population de voir le Lac et d’y accéder facilement. Et ce sont des actes inacceptables que nous déplorons et que nous sommes en train de dénoncer d’ailleurs à haute voix, tout en demandant que toutes ces constructions soient rapidement démolies pour laisser libre cet espace. Il y a vraiment une main noire derrière des dossiers de multiples spoliations en cette période exceptionnelle qui doit être évidemment dévoilée parce que nous sommes en train de refuser de sacrifier l’intérêt des milliers de populations pour des intérêts égoïstes d’une certaine classe », a-t-il déploré.
Peu avant, le maire sortant de la ville de Goma, le commissaire supérieur principal François Kabeya Makosa, avait affirmé qu'il n'était pas en possession des titres qui autorisaient l’appropriation de cet espace par des tiers.
À ce même sujet, le gouverneur en congé Carly Nzanzu Kasivita avait en mai 2021 dernier saisi la justice au sujet de la spoliation des biens de l’État. Mais tout est resté limité autour des promesses fallacieuses d’accompagner le chef de l’exécutif provincial dans sa lutte acharnée pour la protection du patrimoine de l’État.
Dans l’allure où évolue cette multiplicité des spoliations des terres de l’État, il y a lieu d’établir un certain degré primordial de complicité de certaines autorités de l’état de siège dans l’octroi de document visant à spolier certains espaces publics de la ville touristique sans se soucier de l’avenir de cette province qui fait face à un nombre incalculable de problèmes liés à la sécurité de la population et de ses biens à côté de la guerre qui demeure presque ingérable.
Diddy MASTAKI, Goma