Le 08 mai de chaque année est célébrée la journée mondiale de la croix-rouge et du croissant-rouge. Un jour choisi en raison de l'anniversaire de naissance du citoyen Suisse Henry Dunant, fondateur de la croix rouge en 1863.
Regroupant 97 millions d'hommes et femmes, il existe maintenant des sociétés nationales de la croix-rouge et du croissant rouge dans 176 pays du monde.
En République Démocratique du Congo, la croix-rouge existe depuis 1888 bien qu'elle ait connu plusieurs appellations entre la période de l'État Indépendant du Congo, du Congo Belge, de la République Démocratique du Congo.
Le mouvement de la croix-rouge a mené plusieurs interventions communautaires depuis son existence en RDC. Partant des interventions médicales directement sur les champs de bataille jusqu'aux séances de soutien psychosocial auprès des rescapés des massacres de Beni passant par les enterrements dignes et sécurisés pendant les différentes épidémies ; la croix-rouge de la RDC (CRRDC) a partagé presque tous les évènements catastrophiques qu'a connu le pays.
Le secourisme, c'est d'abord une passion avant d'être une mission
À l'occasion de cette journée mondiale de la croix-rouge et du croissant-rouge édition 2023 célébrée sous le thème « Nous faisons tout avec le cœur», www.congorassure.cd est allé à la rencontre de Thérèse Sibalingana, une secouriste de la CRRDC/BENI. Elle œuvre dans le pilier du soutien psychosocial et celui de la protection, genre et inclusion.
Avec plus de seize ans de volontariat au sein de la CRRDC, Thérèse reconnaît que son engagement dans la croix rouge a été motivé par sa passion à venir en aide aux autres.
“Je me souviens encore de mes premières années de service dans la croix-rouge comme si c'était hier. Durant ces seize ans passées au sein du mouvement, j'ai été motivée par la passion de venir en aide à mes semblables. Le secourisme est une mission d'aide, une mission de réconfort, une mission de soutien. Cela devrait d'abord être une passion afin que cette mission soit perpétuelle”, témoigne-t-elle.
Dans une zone telle que Beni, les interventions de la croix-rouge sont indispensables
Lors de ses interventions, Thérèse est régulièrement en contact avec les populations victimes des catastrophes naturelles, les rescapés des atrocités ainsi que les personnes affectées par les épidémies. Elle regrette de voir la vitesse par laquelle le mal se propage dans les communautés laissant derrière lui des âmes terriblement abattues.
“Mon travail quotidien consiste à apporter un soutien psychosocial aux populations les plus affectées par les catastrophes naturelles, les épidémies et la guerre. La plupart du temps, je suis dans les sites de déplacés, les hôpitaux, etc. Ce sont des lieux remplis de détresse, et c'est écœurant de voir combien de fois les populations souffrent à travers le pays. À Beni particulièrement, la population est confrontée aux tueries répétitives depuis 2014, elle a également survécu à trois épidémies successives de la maladie à virus Ebola. Ici, les séquelles sont palpables et les interventions de la croix-rouge sont vivement sollicitées”, indique Thérèse.
Toutefois, poursuit-elle ; "je me sens heureuse d'apporter mon soutien à toutes ces communautés affectées par les catastrophes".
Aperçu sur le mouvement de la croix-rouge et du croissant rouge
Le mouvement de la croix-rouge et du croissant rouge est né sur un champ de bataille à Solférino, c'est dans la province Mantoue au Nord de l'Italie lorsque l'empereur Napoléon III, à la tête d'une armée franco-piémontaise, écrase les Autrichiens dans une bataille extrêmement meurtrière.
Des milliers de blessés agonisent faute de soins. Des appels aux secours restent sans réponse. Témoin de cette tragédie, un citoyen suisse, Henry Dunant, improvise des secours avec le concours des populations civiles locales. Il assiste sans discrimination les soldats des deux camps. Fortement ébranlé par ce qu'il vient de voir, Henry Dunant publiera à son retour l'un des premiers reportages de guerre : "Un Souvenir de Solférino" dans lequel il dénonce les horreurs des combats.
À partir de ce jour, des milliers d'hommes, de civils, de soldats, de prisonniers auront droit à ces gestes fraternels qui rendent moins cruelles les heures d'épreuve et de souffrance. 5 ans après Solférino, l'idée d'Henry Dunant a fait son chemin. Un comité de 5 personnes s'est constitué à Genève afin d'examiner les moyens à mettre en œuvre pour protéger les blessés sur les champs de bataille.
Le Mouvement International de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge contribue à l'extension et à la promotion du Droit International Humanitaire (DIH). En assurant sa diffusion, en exerçant une action constante auprès des États, il s'efforce d'en faire respecter les principes et l'application lors des conflits. Il met également tout en œuvre pour favoriser l'adoption de règles toujours plus protectrices. Ainsi, la Croix-Rouge, en témoignant de son action constante en faveur des victimes, et en diffusant son éthique de tolérance et de dialogue contribue à la prévention des conflits et des tensions.
Nicole Lufungi, Beni