La situation socio-économique de la ville de Goma et le chômage continuent à empirer à chaque jour qui passe. Pour se créer de l’occupation et avoir un petit rien pour leur survie et répondre à leurs besoins quotidiens, des jeunes de la ville de Goma se lancent dans plusieurs métiers, de fois dans l’entrepreneuriat pour ceux qui ont des moyens et pour ceux qui n’en ont pas, font le porte à porte des boutiques et magasins pour les distributions des produits divers essentiellement des boissons fortement déconseillées.
Dans un reportage constant de Congorassure.cd, plusieurs jeunes, en dépit de leurs parcours scolaires et pour la plupart académiques éclatant se plaignent de la situation qu’ils parcourent dans cette province qui continue à être entre guerre, crise économique et chômage depuis des nombreuses décennies sans que rien ne soit fait par le gouvernement Congolais.
Pour la catégorie des jeunes ayant opté pour l’entrepreneuriat, les choses ne leur paraissent pas florissantes. D’un côté des taxes excessives, de l’autre le clament des affaires qui leur sont défavorables. Ils accusent le gouvernement de Kinshasa de non-accompagnement aux initiatives locales, ce qui ne leur permet pas de développer leur potentiel dans le monde des affaires.
Jean-Claude Ndungo, un jeune entrepreneur dans la petite industrie de la savonnerie explique que rien ne marche avec son travail. Presque chaque jour, dans sa petite unité de production, il enregistre un nombre excessif d'agents taxateurs des différents services étatiques qui lui prennent le peu qu’il récolte pour accroître son unité de production.
« Depuis que je me suis lancé dans la petite industrie de la savonnerie, je suis comme qui travaille pour le compte des autres. Au lieu que les services de l’État nous prêtent main forte, ils sont là pour nous prendre le peu que nous avons réalisé en termes de bénéfice. Ce qui nous décourage dans nos initiatives et parfois nous plonge dans la faillite pour enfin devenir des chômeurs bien qu’ayant l’esprit d’initiative », explique-t-il.
Et de poursuivre : « Les potentiels, il y en a dans ces pays, mais outre la taxation excessive et ne prenant pas en compte la durée de vie des petites entreprises, notre pays n’a pas encore amélioré une politique de protection de l’industrie locale pour faite face à la concurrence extérieure. Vous voyez par exemple la cimenterie Nyiragongo, une initiative locale, un investissement à hauteur de plusieurs milliers de dollars, mais qui manque ni d’appuis du gouvernement moins encore d’une quelconque protection. Tous les pays déversent leurs productions chez-nous sans que le gouvernement ne limite les importations pour donner la chance à un fils du pays à émerger. »
Par ailleurs, avec désespoir et manque des travaux, nombreux autres jeunes finissent leurs éducations académiques dans des travaux de moquerie, sans salaire descend et parfois sans aucun contrat de travail. Une réalité qui gagne du terrain en ville de Goma, malgré des textes légaux qui prétendent protéger les travailleurs Congolais.
« J’ai vu que je n’ai rien à faire ni comment avoir de l’argent pour aider mes parents à répondre aux besoins de notre famille. Voilà pourquoi, bien que fille, je me suis fait engager comme journalière pour faire la distribution de ces boissons. Avec ça, je n’ai pas du contrat. On me paie selon les ventes que j’ai effectuées. Je circule toute la ville pour trouver des clients. Dans notre travail, les risques sont énormes. Tout le monde nous parle de l’amour charnel, si on n'est pas ferme, on risque sa vie en effectuant ce travail », explique une jeune fille interrogée par Congorassure.cd.
Pour cette autre, le gouvernement Congolais doit tout faire pour restaurer la paix dans la partie Est du pays. « Si je fais ce travail, c’est parce que mon village d’origine n’a jamais connu de paix. Il est difficile pour nous d’aller faire le champ. Chaque jour, des rebelles venaient dans notre village, pillaient tous nos biens, violaient des femmes et parfois tuaient des gens. Comme nous étions encore tous petits, mon père a décidé de vendre toutes nos terres de là, pour nous amener vivre à Goma. Ici aussi la vie est loin d’être facile. Tout s’achète, même de l’eau. Voilà pourquoi j’ai accepté de faire ce travail pourvu que nous puissions survivre dans ma famille. Il nous arrive à faire des cotisations pour manger, chose qu’on n'imaginait jamais vivre. Que le gouvernement voit la souffrance de notre province », témoigne cette fille.
Bien que le Nord-Kivu soit reconnu comme une province à un grand potentiel économique, la situation socio-économique continue à connaître une baisse sensible depuis le début de la guerre des combattants du M23, mais également la présence de plusieurs milices locales. Pas des travaux champêtres, le commerce tourne au ralenti, le taux de change qui prend de l’ascenseur chaque jour qui passe, la situation est presque chaotique. Mais malgré toute cette réalité, la doléance des habitants de cette province demandant qu’elle soit reconnue comme province sinistrée avec l’allègement de certains impôts et taxes restent non recevables par Kinshasa.
Diddy MASTAKI, Goma