“La délivrance de duplicatas de la carte d'électeur ; est une preuve que la CENI reconnaît son échec dans le choix et la commande des kits d'enrôlement”. Propos du panel d'experts de la société civile en République Démocratique du Congo dans son communiqué de presse signé et rendu public jeudi 27 juillet courant.
Soucieux de la tenue des bonnes élections en RDC, le panel d'experts de la société civile réaffirme sa proposition de requalification du processus électoral en cours.
“Le Panel d'Experts de la Société Civile a suivi attentivement et analysé en toute objectivité le communiqué de presse N° 036/CENI/2023 sur « l'opération de la délivrance progressive des duplicatas de la carte d'électeur à partir de 02 aout 2023 » et constate que la CENI creuse encore un fossé de méfiance dans le processus électoral en cours. En affirmant publiquement qu'on procèdera au remplacement des cartes dont les « écrits s'effacent au fur et à mesure », la CENI reconnaît son échec dans le choix et la commande des kits d'enrôlement ; pourtant, le Management de la CENI contestait cette évidence qui a couté plus de 90 millions de dollars au contribuable Congolais. Dès lors, il importe de tirer les leçons qui s'imposent et les conséquences d'une telle gabegie,” lit-on dans ledit communiqué de presse.
Et de poursuivre : “Après avoir vanté l'innovation du code QR intégré sur la carte d'électeur, cette technique était censée faciliter l'acquisition rapide et même automatique des duplicatas de la carte d'électeur à tout enrôlé, partout où il se trouverait sur toute l'étendue du territoire national, malheureusement la CENI oblige les concernés à retourner aux antennes du lieu de leur enrôlement. Ainsi, la Centrale électorale nous donne la preuve qu'à ce jour, les données des électeurs ne sont ni totalement consolidées ni suffisamment centralisées dans le fichier électoral. Serait-ce là, une des raisons ayant conduit au refus de l'audit du fichier électoral”?
En ouvrant une brèche sur cette opération jusqu'au 20 décembre 2023, date fixée pour les scrutins au mépris de l'art. 52 de la loi électorale et considérant tous les tripatouillages constatés lors de l'opération de l'enrôlement des électeurs, il est à craindre que la CENI se soit lancée dans la refonte du fichier électoral en façade de celle de la délivrance des duplicatas.
“Il n'y a aucun doute qu'une refonte faite après la loi sur la répartition des sièges affectera le coefficient électoral dans l'attribution des sièges (proclamation des élus). Prenant à témoins l'opinion publique sur les nombreux essais-erreurs de la CENI, doublés des multiples rétropédalages, tout observateur averti ne peut s'empêcher de conclure qu'il y a risque que les voix des électeurs ne puissent s'altérer lors des scrutins prochains de la même manière que les écrits s'effacent sur la carte d'électeur. Qu'en sera-t-il ?,” chute le panel d'experts de la société civile.
DM Ngovoka, Beni