Le mouvement citoyen non-partisan et non-violent LUCHA, Lutte pour le Changement, a lancé un appel pressant à la libération de 11 de ses membres actuellement détenus à Goma, dans la province du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo. Ces militants, dont deux femmes, ont été arrêtés de manière brutale le 24 août 2023 alors qu'ils participaient à une manifestation pacifique, préalablement annoncée aux autorités locales, pour dénoncer le monnayage et le retard dans la délivrance des duplicatas des cartes d'électeurs illisibles.
Malgré l'annonce préalable de cette manifestation conformément à l'article 26 de la constitution, les 11 membres de LUCHA ont été transférés à l'auditorat militaire de garnison de Goma où ils sont actuellement détenus dans des conditions difficiles. Ils sont inculpés de rébellion, en vertu de l'article 135 du code pénal congolais et risquent une peine de jusqu'à 5 ans de prison chacun. Cette détention arbitraire et l'accusation portée contre eux représentent une violation grave des droits humains et des principes démocratiques.
Ces arrestations s'inscrivent dans un contexte de répression croissante au Nord-Kivu depuis l'instauration de l'état de siège. Au lieu de se concentrer sur la lutte contre les groupes armés, dont le M23 qui menace la région, les acteurs de l'état de siège utilisent cette mesure comme prétexte pour réprimer ceux qui critiquent l'inefficacité des autorités à résoudre les problèmes de la population. Cette restriction croissante de l'espace civique, combinée à l'absence de résultats tangibles, a conduit la LUCHA et d'autres forces politiques et sociales à appeler légitimement à la levée pure et simple de l'état de siège.
Dans ce contexte, la LUCHA dénonce fermement l'arrestation injuste et la détention illégale de ses 11 militants à Goma. Le mouvement appelle instamment à leur libération immédiate et sans condition. Il demande également aux acteurs de l'état de siège au Nord-Kivu de mettre fin à la répression contre les voix critiques et aux représailles à l'encontre de ceux qui ont plaidé pour la levée de cette mesure exceptionnelle lors de la récente table ronde.
Parallèlement, la LUCHA exhorte les autorités nationales à lever rapidement l'état de siège conformément à la volonté exprimée sans équivoque par les populations du Nord-Kivu et de l'Ituri lors de la table ronde. Il est impératif que les injustices et les abus commis sous cette gouvernance militaire soient corrigés, notamment en libérant tous les prisonniers de l'état de siège, parmi lesquelles figures le camarade Mwamisyo Ndungo King, détenu depuis le 2 avril 2022 et condamné à 5 ans de prison pour outrage à l'armée après avoir dénoncé l'inefficacité des mesures prises contre l'insécurité.
La LUCHA attire ainsi l'attention sur cette situation inacceptable et continue de militer pour la défense des droits humains, la justice sociale et la démocratie en République Démocratique du Congo.
Daudi Amin