Depuis la fin de la deuxième république marquée par la chute du régime dictatorial de Mobutu en 1997, plusieurs enfants des militaires ex-FAZ dont les pères, anciens militaires sont morts sur le champ de bataille ou tout simplement disparus jusqu’à nos jours, mènent une vie paisible et sans aucune assistance sociale provenant du gouvernement Congolais.
Ange Simbara, d'une trentaine d’années aujourd’hui, vit depuis 1996, année du début de la guerre menée par l’AFDL de Laurent Désiré Kabila et ses paires, sans connaître le visage de son père biologique, ancien para-commando Mobutiste formé dans la 317e brigade, dans le camp de Rumangabo, en territoire de Rutshuru.
Cette dame, actuellement mère de quatre (04) enfants dit avoir passé toutes ces années entre souffrance et déception après les loyaux services que son père a rendus à la nation, sous les couleurs nationales. Selon elle depuis la guerre de 1996, son père est entré en contact avec elle une fois et depuis, tout est déjà réduit en silence. Elle ne sait pas ce qui est arrivé à son père.
« Je n’arrive pas à mener une vie normale depuis que j’ai perdu mon père et resté délaissé par le gouvernent Congolais. Je vis dans la souffrance et personne ne se soucie de moi ni de ma mère alors que mon père a servi ce pays. Nous entendons dire que les anciens combattants sont pris en charge et leurs familles, mais nous n’avons rien vu jusqu’à présent », souligne-t-elle.
Toutefois, dans un entretien de Congorassure.cd avec un officier supérieur des FARDC, armée Congolaise, celui-ci affirme que des enfants délaissés dont les pères, militaires sous le régime de Mobutu, sont décédés dans les combats doivent se déclarer dans les régions militaires de leurs entités avec des identités de leurs défunts pères pour espérer être pris en charge.
Mais la question reste un autre casse-tête pour ces familles qui vivent depuis environ trente ans dans le calvaire. À en croire cet officier, ces enfants doivent verser des sommes d’argent comprises entre vingt (20) et trente (30) dollars américains pour la recherche de leur père dans les bases des données de l’armée.
Ce qui parait dur pour Ange Simbara, car vivant dans une pauvreté et sans source de revenu qui lui garantie une épargne.
« Mon père s’appelle ”Kambale Mastaki Gilbert“, ancien para-commando sous Mobutu dans la 317e brigade. Je demande au gouvernement de se souvenir de nous. Perdre un père sans connaître même ou se trouve sa tombe et endurer une telle souffrance ça nous lance dans un grand trauma », affirme-t-elle avec de larmes aux yeux.
Depuis la guerre de 1996 avec l’avènement de l’AFDL de Laurent Désiré Kabila, plusieurs familles militaires traversent un moment tragique après la mort et/ou la disparition de leurs pères.
Ce qui fait une nécessité urgente pour le gouvernement de la RDC de répertorier ces familles placées dans les oubliettes et contraint de vivre dans la souffrance sans aucune idée de l’endroit où leurs parents ont été enterrés.
Diddy MASTAKI, Goma