Le territoire de Nyiragongo, dans le Nord-Kivu, abrite des milliers de déplacés de guerre qui ont fui les combats entre les forces armées congolaises (FARDC) et les rebelles du M23 soutenus par les forces rwandaises. Ces familles vivent dans des conditions extrêmement difficiles, sans assistance depuis plus de trois mois. Le manque de nourriture, d'eau potable, d'abris, de sanitaires et de soins médicaux met leur vie en péril.
Le camp de Kanyaruchina est l'un des plus touchés par cette crise humanitaire. Depuis trois mois, les 55 000 ménages qui y vivent n'ont plus reçu aucune assistance du gouvernement ou des organisations humanitaires. La malnutrition y fait des ravages, avec 770 décès enregistrés depuis le 26 juillet 2022. Les familles sont contraintes de dormir dans des écoles et des églises, exposées aux intempéries, en particulier pendant la saison des pluies.
Face à cette tragédie, le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a décidé d'agir. Mercredi dernier, il a dépêché la ministre du Travail, de l'Emploi et de la Prévoyance Sociale, Claudine Ndusi, dans la province du Nord Kivu. Accompagnée du directeur provincial de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), Patrice Kambale, elle a apporté une importante quantité de vivres et de non-vivres pour soulager la souffrance de ses compatriotes.
Claudine Ndusi a exprimé le message de compassion du président Tshisekedi en déclarant : "Nous avons été envoyés par le gouvernement sur instruction du président de la République pour venir compatir avec vous. Nous avons apporté des sacs de riz, du sel, des pagnes pour nos mamans, de l'huile de palme, des gobelets, des cartables et des cahiers pour nos enfants, et bien d'autres choses. Le souci du président Félix Antoine Tshisekedi est de vous voir rentrer chez vous."
L'appel des déplacés pour la paix
Les déplacés de Kanyaruchina ont exprimé leur gratitude envers le président de la République pour cette assistance. Ils ont également plaidé pour le retour de la paix dans leur région d'origine, afin qu'ils puissent retrouver leurs maisons.
"Nous disons merci au président de la République de nous avoir envoyé la ministre Claudine Ndusi pour un message de compassion. Elle nous a apporté une assistance pour aider les personnes vulnérables”, a déclaré Musekura Theo qui est le représentant des déplacés de guerre de Kanyaruchina.
Depuis la prise de plusieurs villages et localités de la province du Nord Kivu par les éléments de la rébellion du M23, cette partie du pays est le théâtre de nombreuses tragédies humaines. Parmi les populations les plus vulnérables se trouvent les déplacés de guerre qui sont contraints de vivre dans des conditions précaires et quasi inhumaines. Cette situation tragique est une urgence qui mérite l’attention de tous, si l’on en croit les différents rapports des organisations non gouvernementales nationales et internationales. Pour ces structures, dont OCHA RDC, il est impératif que des mesures à long terme soient mises en place pour le retour de la paix, et garantir la sécurité ainsi que la stabilité pour assurer le retour de ces déplacés vers leurs milieux d’origine.
Par Pacheco Kavundama, Goma