Au Nord-Kivu, l’opération de contrôle des véhicules de transport de marchandises engagée par la Police Nationale Congolaise suscite à la fois adhésion et préoccupations. Depuis l’axe Beni–Butembo, plusieurs camions de type « Box Body » jugés non conformes aux normes en vigueur sont immobilisés, dans le cadre d’une mesure visant à renforcer la sécurité routière et la régulation du transport.
Placée sous la supervision du commissaire provincial Makambo Gimba Dieudonné, cette opération s’inscrit dans une dynamique de contrôle accru du trafic de marchandises. Les autorités policières entendent ainsi imposer le respect strict des normes techniques.
Selon Yvette Kaseso, seuls les camions répondant aux exigences réglementaires sont désormais autorisés à circuler librement. Elle précise que ces contrôles vont se poursuivre sur l’ensemble du territoire provincial.
Mais sur le terrain, la mesure ne fait pas l’unanimité. L’immobilisation de nombreux véhicules entraîne des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement et suscite des inquiétudes parmi les opérateurs économiques. Ces derniers redoutent des pertes financières importantes, ainsi que des risques accrus liés au stationnement prolongé des marchandises.
Face à cette situation, le député provincial Muhindo Musitu Chafi appelle à une approche plus souple. Il plaide pour l’octroi d’une dérogation exceptionnelle permettant aux transporteurs concernés d’écouler leurs cargaisons, tout en s’engageant à se conformer progressivement aux normes exigées.
Ce débat met en lumière un dilemme récurrent dans la province : concilier les impératifs de sécurité et de régulation avec les réalités économiques d’une région fortement dépendante du transport routier pour son approvisionnement.
Diddy Mastaki