La publication de la « Carte blanche n°278 » signée par Steve Mbikay continue de susciter des réactions dans les milieux politiques Congolais. Intitulée « Joseph Kabila, Moïse Nyarugabo et consorts : les pyromanes devenus pompiers », cette tribune revient sur les incidents enregistrés lors du sit-in organisé par la coalition C64 à Kinshasa et critique la récupération politique qui en est faite par certains acteurs de l'opposition.
Dans son texte, l'ancien ministre condamne à la fois les violences survenues lors de la manifestation et les éventuelles bavures policières, tout en appelant à l'ouverture d'une enquête destinée à établir les responsabilités de toutes les parties impliquées.
Steve Mbikay reproche notamment à l'ancien président Joseph Kabila et à ses alliés d'attribuer directement au président Félix Tshisekedi la responsabilité des incidents du 12 juin. Selon lui, une telle lecture des événements occulte la complexité des circonstances ayant entouré les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre.
Au-delà des événements récents, l'auteur élargit le débat à la question de la mémoire politique en République démocratique du Congo. Il évoque plusieurs épisodes marquants de l'histoire contemporaine du pays, notamment les répressions de manifestations sous les régimes précédents, les assassinats de défenseurs des droits humains, de journalistes et d'acteurs de la société civile, ainsi que les crimes documentés dans le rapport Mapping des Nations-Unies.
Pour Steve Mbikay, les acteurs politiques qui dénoncent aujourd'hui les violences devraient également répondre aux critiques liées à leur propre gestion du pouvoir et aux accusations portées contre eux dans le passé.
Cette prise de position intervient dans un contexte de fortes tensions politiques autour du projet de révision constitutionnelle et des manifestations organisées par l'opposition. Alors que les appels à des enquêtes indépendantes se multiplient, les débats restent vifs sur les responsabilités des différents acteurs et sur la nécessité de lutter contre l'impunité, quelle que soit l'époque concernée.
La controverse relance ainsi une question récurrente dans la vie politique congolaise : celle de la gestion des violences politiques et de la place de la mémoire historique dans les affrontements du présent.
Diddy Mastaki