Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a décidé de suspendre, pour une durée de 60 jours, la diffusion des interventions et productions médiatiques de Jules Mulindwa sur l’ensemble des médias opérant en République Démocratique du Congo.
Dans un acte adopté le 16 juin 2026 lors de sa 31ᵉ réunion extraordinaire à Kinshasa, l’organe de régulation des médias reproche à l’acteur social et éducateur des propos jugés contraires à la législation en matière de presse et de communication.
Selon le CSAC, certaines vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux contiendraient des déclarations qualifiées d’injurieuses et diffamatoires, ainsi que des éléments assimilés à une apologie du crime et à une incitation directe à l’assassinat. L’institution estime également que ces contenus portent atteinte aux bonnes mœurs et risquent d’alimenter les tensions dans un contexte national déjà marqué par des défis sécuritaires et sociaux.
À travers cette décision, le CSAC interdit aux responsables des médias audiovisuels, de la presse écrite et des plateformes numériques de recevoir Jules Mulindwa sur leurs antennes ou de diffuser des programmes qu’il produit pendant toute la période de sanction.
« Les directeurs des programmes de toutes les plateformes médiatiques sont interdits de recevoir sur leurs plateaux ou de diffuser les programmes produits par Monsieur Jules Mulindwa », stipule l’acte du CSAC.
L’instance de régulation prévient que tout média qui ne respecterait pas cette mesure s’expose à des sanctions conformément aux dispositions légales en vigueur.
Le CSAC justifie sa décision par la nécessité de faire respecter les règles déontologiques applicables à l’espace médiatique congolais. Il souligne notamment que la liberté d’expression et la liberté de la presse demeurent garanties par la Constitution, mais qu’elles doivent s’exercer dans le respect de l’ordre public, des droits d’autrui et des bonnes mœurs.
L’organe de régulation insiste également sur la responsabilité particulière de Jules Mulindwa en tant qu’éducateur, estimant que ses prises de parole sont suivies par un large public, y compris des mineurs.
Cette mesure intervient dans un contexte où les débats sur les limites de la liberté d’expression et le rôle des institutions de régulation occupent une place importante dans l’espace public congolais. Alors que le CSAC invoque la nécessité de préserver la cohésion nationale et de prévenir les discours susceptibles d'encourager la violence, certains observateurs pourraient y voir une nouvelle illustration des tensions récurrentes entre régulation médiatique et liberté d’opinion.
La décision est entrée en vigueur dès son adoption et a été transmise aux autorités compétentes chargées de veiller à son application.
Diddy Mastaki