Après cinq années passées à la tête de l’Ituri sous le régime de l’état de siège, le Lieutenant-Général Johnny Luboya N’kashama a fait ses adieux à une partie de ses gardes rapprochés, saluant leur engagement tout en les appelant à demeurer disciplinés au sein des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).
Lors de cette rencontre empreinte d’émotion, l’ancien Gouverneur militaire a expliqué qu’il ne pouvait pas emmener ses hommes avec lui à Kinshasa, une telle démarche étant contraire aux règles de l’institution militaire.
« Vous m’avez accompagné partout. Je vous appelle à rester disciplinés et je vous rappellerai si j’obtiens une nouvelle affectation », a déclaré le général Luboya devant ses gardes.
Au-delà des adieux, l’officier supérieur a insisté sur la nécessité pour les militaires de rester prêts à défendre l’Ituri, une province qui demeure confrontée à l’activisme de groupes armés malgré plusieurs années d’opérations militaires.
Dans son intervention, il a également évoqué ses relations parfois tendues avec le chef d’état-major de l’armée Ougandaise, le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président Ougandais Yoweri Museveni.
« Le fils de Museveni parlait beaucoup. Je lui avais dit : il faut blaguer ailleurs, pas en Ituri », a lancé Johnny Luboya.
Des relations souvent décrites comme difficiles
Cette déclaration intervient alors que plusieurs observateurs ont régulièrement fait état de relations particulièrement tendues entre les deux responsables militaires, notamment dans le contexte des opérations sécuritaires menées dans l’est de la RDC et de la coopération militaire entre Kinshasa et Kampala contre les groupes armés.
Le départ du général Luboya marque la fin d’un mandat de cinq ans à la tête de l’Ituri, une période marquée à la fois par les opérations contre les groupes armés, les défis sécuritaires persistants et la mise en œuvre de l’état de siège instauré en mai 2021.
Diddy Mastaki