En séjour à Londres, dans le cadre du Forum économique Royaume-Uni–RDC, Julien Paluku Kahongya se réjouit de la défection de certains officiers des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), estimant qu’elle permet à l’armée de se débarrasser des éléments infiltrés. Le Ministre du Commerce extérieur s’est exprimé lors d’une rencontre avec la diaspora congolaise, à laquelle ont également pris part Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Porte-parole du gouvernement, ainsi que Noella Ayenaganato, Vice-Ministre des Affaires étrangères.
Les échanges ont notamment porté sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, la question des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) et la mobilisation des Congolais de l’étranger autour des opportunités économiques qu’offre le pays.
Abordant la question des FDLR, Julien Paluku a soutenu que les véritables motivations du Rwanda dans son offensive militaire en RDC seraient liées à l’exploitation des ressources minières Congolaises. Il a notamment évoqué la progression de la production de coltan au Rwanda, qu’il met en parallèle avec l’exploitation des minerais dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
« Les véritables FDLR qui fonctionnent s’appellent coltan, cassitérite », a-t-il martelé, accusant Kigali de tirer profit de la prédation des richesses minières congolaises.
Des accusations qu’il a présentées comme un argument pour contester la justification sécuritaire avancée par le Rwanda.
Sur le dossier des défections au sein des FARDC au profit du mouvement armé dirigé par l’ancien président Joseph Kabila, le Front pour la refondation de la nation, Julien Paluku estime que les militaires qui rejoignent ce mouvement seraient, depuis longtemps, restés fidèles à l’ancien chef de l’État.
Prenant notamment l’exemple du général de brigade François Kamanzi, dont la défection a été évoquée, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu a dénoncé les conséquences des anciens processus de brassage et de mixage des groupes armés au sein de l’armée congolaise.
Selon lui, ces mécanismes auraient favorisé l’infiltration de certains éléments dans les rangs des FARDC, compromettant ainsi leur efficacité sur les lignes de front.
« Ce sont des pions que l’ancien président avait infiltrés dans l’armée à travers les brassages et les mixages qui sont en train de les rejoindre à Goma », a déclaré Julien Paluku, avant d’ajouter que ces militaires auraient, selon lui, servi à la fois les intérêts du gouvernement et ceux des forces auxquelles ils étaient censés s’opposer.
Pour le ministre du Commerce extérieur, ces départs ne constituent donc pas une véritable perte pour les FARDC, mais plutôt une occasion de se débarrasser des éléments qu’il considère comme des « tomates pourries ».
En conclusion, Julien Paluku a appelé les Congolais vivant à l’étranger à rester mobilisés et soudés derrière le président Félix-Antoine Tshisekedi. Il estime que le chef de l’État déjoue progressivement les stratégies de son prédécesseur et doit bénéficier du soutien de toute la nation face aux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté.
Pacheco Kavundama