Chaque 30 janvier, la Journée mondiale des maladies tropicales négligées (MTN) attire l’attention sur ces maladies infectieuses qui continuent de toucher près d’un milliard de personnes dans le monde, principalement dans les zones pauvres et vulnérables d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Parmi ces maladies figurent la filariose lymphatique, le trachome, la schistosomiase, la lèpre, le ver de Guinée et plusieurs autres affections qui causent handicap, stigmatisation sociale et pauvreté.
Malgré leur impact sévère sur les populations, ces maladies sont préventives, traitables et éliminables grâce à des interventions simples, telles que la distribution de médicaments à faible coût, l’accès à l’eau potable, l’assainissement et l’éducation communautaire.
Des progrès significatifs… mais fragiles
Les données mondiales montrent qu'en 2024, 1,4 milliard de personnes nécessitaient encore des interventions contre les MTN, soit une baisse de 36 % depuis 2010. De plus, 58 pays avaient éliminé au moins une maladie tropicale négligée début 2026, un pas important vers l’objectif de l’OMS : 100 pays sans MTN d’ici 2030.
Pourtant, ces avancées restent menacées par la réduction du financement international et national, alors que chaque dollar investi dans la prévention de ces maladies rapporte 25 dollars en bénéfices économiques, grâce à l’amélioration de la santé, de la productivité et de la qualité de vie.
À l’occasion de cette journée, les autorités sanitaires et organisations internationales invitent à renforcer les programmes dirigés par les pays eux-mêmes, afin que les interventions soient adaptées aux réalités locales, garantir la continuité du financement des programmes MTN, notamment via les partenariats internationaux, les ONG et le secteur privé ainsi que promouvoir l’innovation, qu’il s’agisse de nouveaux traitements, de dispositifs de diagnostic rapides ou de campagnes de sensibilisation numérique.
Les experts soulignent que l’élimination des MTN est l’un des objectifs les plus réalistes et équitables en matière de santé mondiale, car elle touche les populations les plus défavorisées et contribue à la réduction de la pauvreté et des inégalités.
Cette journée mondiale rappelle que la lutte contre les maladies tropicales négligées ne se limite pas à la médecine, mais repose sur la cohésion internationale, l’investissement stratégique et l’implication des communautés locales.
Diddy Mastaki