Plus de deux mois après la résurgence de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, la riposte du gouvernement est vivement critiquée par une partie de la classe politique. Lors d'une séance d'audition du ministre de la Santé à l'Assemblée nationale, le député Gratien de Saint-Nicolas Iracan a estimé que les mesures mises en œuvre ne sont pas à la hauteur de la gravité de la situation sanitaire.
Selon le dernier rapport épidémiologique publié le 19 juillet 2026, l'épidémie, déclarée le 15 mai pour la 17ᵉ fois dans le pays, touche désormais cinq provinces : l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo. Les autorités sanitaires font état de 2.344 cas cumulés, 466 personnes guéries et 930 décès parmi les cas confirmés, tandis que les activités de sensibilisation se poursuivent dans les 46 zones de santé affectées, avec l'Ituri comme principal foyer de l'épidémie.
Prenant la parole devant les députés nationaux, Gratien Iracan a dressé un tableau préoccupant de la riposte. Il a dénoncé la lenteur dans la communication des résultats des laboratoires après les prélèvements, l'absence d'une gratuité effective des soins malgré les annonces officielles, le non-paiement des primes de risque à une partie du personnel soignant ainsi qu'un manque de clarté dans la gestion des financements destinés à la lutte contre Ebola. Il a également évoqué des insuffisances dans la coordination entre les différents partenaires engagés dans la riposte et des faiblesses dans la prise en charge des enfants considérés comme cas suspects.
L'élu de Bunia a également alerté sur le déficit d'ambulances, les capacités limitées des structures sanitaires pour accueillir les malades et les difficultés logistiques auxquelles sont confrontées les équipes médicales sur le terrain.
« La riposte doit être à la hauteur de l'urgence », a-t-il insisté devant la représentation nationale.
Candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2028, le député de l'opposition appelle le gouvernement à renforcer les moyens humains, matériels et financiers déployés contre l'épidémie afin de contenir sa propagation et de mieux protéger les populations des provinces les plus touchées.
Pacheco Kavundama