La République Démocratique du Congo fait face à la plus grave épidémie de maladie à virus Ebola de son histoire, selon le directeur général d’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya. Au 05 novembre 2026, le bilan continental atteint 10 699 cas confirmés et 5 202 décès, dont la quasi-totalité est enregistrée en RDC. L’insuffisance du suivi des contacts, les décès survenant dans les communautés et le faible décaissement des financements promis compliquent davantage la riposte.
La situation épidémiologique liée au virus Ebola de Bundibugyo demeure particulièrement préoccupante en Afrique, avec la République Démocratique du Congo comme principal foyer de l’épidémie.
S’exprimant jeudi 05 novembre à Addis-Abeba, en Éthiopie, le directeur général des Centres Africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), le Dr Jean Kaseya, a annoncé un bilan continental de 10 699 cas confirmés et 5 202 décès.
La RDC concentre à elle seule 10 668 cas et 5 198 décès, selon les chiffres communiqués par le responsable de l’agence sanitaire Africaine. Les données de l’Centre Européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), publiées le même jour, confirment également ce bilan pour la RDC, sur la base des informations disponibles jusqu’au 03 novembre.
L’Ituri et le Nord-Kivu concentrent plus de 94 % des cas
En République Démocratique du Congo, l’épidémie s’est étendue à 67 zones de santé réparties dans huit provinces. Parmi elles, 51 connaissent encore une transmission active, selon les chiffres présentés par Africa CDC.
Les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu restent les principaux foyers de contamination. Elles concentrent à elles seules plus de 94 % des cas recensés dans le pays.
D’après le dernier bilan détaillé de l’ECDC, l’Ituri comptabilise 7 485 cas confirmés et 3 532 décès, tandis que le Nord-Kivu enregistre 2 593 cas et 1 422 décès. Ces chiffres illustrent le poids considérable de ces deux provinces dans l’évolution de l’épidémie.
Une épidémie qui met la riposte à rude épreuve
Après 174 jours depuis sa déclaration, l’épidémie de Bundibugyo présente une ampleur particulièrement inquiétante. Africa CDC souligne qu’elle dépasse largement les niveaux observés lors de précédentes flambées d’Ebola.
Les difficultés sont notamment liées à l’identification des personnes exposées. Selon les données présentées par le Dr Jean Kaseya, plus de 85 % des nouveaux cas concernent des personnes qui ne figuraient pas sur les listes de contacts établies par les équipes de surveillance.
Autre préoccupation majeure : environ 63 % des décès surviennent encore dans les communautés, en dehors des centres de traitement. Cette situation complique la détection rapide des infections, le suivi des personnes exposées et l'interruption des chaînes de transmission.
Ces difficultés rejoignent les préoccupations déjà soulevées par les organisations sanitaires internationales concernant les lacunes dans la surveillance épidémiologique et la persistance des décès communautaires.
Seulement un tiers des financements promis décaissé
Au-delà des défis sanitaires et communautaires, le financement de la riposte constitue un autre sujet d’inquiétude.
Sur près de trois (03) milliards de dollars américains annoncés par les partenaires et bailleurs, seul environ un tiers aurait été effectivement décaissé, selon les données évoquées par Africa CDC.
Cette insuffisance de ressources disponibles risque de ralentir les interventions sur le terrain, notamment la surveillance, la prise en charge des malades, le dépistage, le suivi des contacts et les activités de sensibilisation communautaire.
Le directeur général d’Africa CDC avait déjà dénoncé, début novembre, le retard dans le décaissement des contributions annoncées, estimant que les engagements financiers doivent se traduire concrètement en moyens opérationnels.
Un défi majeur pour les communautés de l’Est congolais
Dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, où se concentre l’essentiel de l’épidémie, la riposte reste confrontée à des difficultés liées à l’insécurité, aux déplacements de populations, à la mobilité communautaire et à la méfiance envers certaines interventions sanitaires.
La persistance des transmissions communautaires rappelle l’importance de la détection précoce des symptômes, du signalement rapide des cas suspects, du suivi des contacts et du respect des mesures de prévention, notamment lors des funérailles.
Alors que le bilan continue de s’alourdir, les autorités sanitaires et leurs partenaires sont confrontés à un double impératif : renforcer les capacités de riposte sur le terrain et restaurer la confiance des communautés afin de limiter la propagation du virus.
Diddy Mastaki