Sur le terrain, les faits sont tout aussi révélateurs. Treize (13) combattants de la CRP se sont rendus aux Forces armées de la République Démocratique du Congo, apportant avec eux un important lot d’armements.
Selon les informations rendues publiques par le secteur opérationnel de l'Ituri, les éléments remis comprennent :
- 13 fusils d’assaut AK-47
- 2 mitrailleuses PKM
- 2 lance-roquettes RPG-7
- ainsi qu’une arme de type « Castor ».
Parmi les combattants figure un chef autoproclamé connu sous le surnom de « Pharaon », dont la reddition symbolise un coup dur porté à la chaîne de commandement du groupe armé.
D'après lieutenant Jules Ngongo, ces redditions successives traduisent une perte de cohésion interne au sein de la CRP. Confrontés à la pression militaire des Forces Armées de la République Démocratique du Congo et à l’isolement croissant de leur leadership, plusieurs éléments choisissent désormais de déposer les armes.
Des témoignages concordants laissent entendre que certains combattants anticipent une arrestation imminente de leur leader, perçu désormais comme affaibli et sous étroite surveillance internationale.
La convergence entre pressions internationales et réalités opérationnelles sur le terrain pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les groupes armés en Ituri. Si les démarches évoquées au niveau de la Cour pénale internationale se concrétisent, elles pourraient renforcer la dynamique de reddition déjà amorcée.
En attendant, les autorités Congolaises poursuivent leurs opérations et misent sur ces défections pour accélérer le démantèlement de la CRP.
Affaiblie de l’intérieur et sous pression extérieure, la CRP semble perdre progressivement du terrain. Reste à savoir si cette dynamique mènera à sa désintégration ou à une recomposition stratégique.
Joël Heri Budjo