La chefferie des Babila-Babombi, dans le territoire de Mambasa, en Ituri, fait face à une recrudescence inquiétante des attaques attribuées aux ADF. En l’espace de dix jours, douze incursions ont été signalées dans plusieurs entités de cette chefferie, faisant au moins trente-neuf morts, selon le monitoring de l’organisation de défense des droits l’homme « Association pour la protection et Défense d'enfants et Femmes vulnérables », (APDEF) Mambasa.
La série d’attaques aurait débuté le 22 juillet à Njiapanda avant de s’étendre à plusieurs autres localités Manteite, Njiapanda Bella, Manzia, Kazaraho, Makongo, Mikwata, la route Mahu, Mangonzi, Kenaombi, Mongali, Nakota et Kasoko CEPAC figurent parmi les zones touchées.
Le bilan provisoire fait également état de neuf motos incendiées, plusieurs maisons réduites en cendres et de nombreux cas de disparition. Des enfants figureraient parmi les personnes portées disparues, tandis que plusieurs biens auraient été emportés lors des attaques.
La situation s’est encore alourdie ces derniers jours. Selon l’équipe de monitoring de l’APDEF Mambasa, cinq corps ont été retrouvés dans différentes zones : un à Kenaombi, un à Mongali et trois à Kasoko. Deux de ces dernières dépouilles auraient été acheminées vers Oicha pour leur prise en charge, alors qu’une autre victime a été inhumée sur place.
Dans une sortie médiatique ce vendredi, Ram’s Malikidogo, coordonnateur de l’APDEF Mambasa, alerte sur la gravité de la situation. Il dénonce la répétition des attaques et estime que le bilan enregistré en quelques jours constitue une nouvelle alerte pour les autorités.
Pour l’APDEF Mambasa, cette succession d’incursions ne représente plus seulement une série d’incidents isolés, mais une urgence sécuritaire et humanitaire nécessitant une réponse rapide et efficace. L’organisation appelle ainsi les autorités à renforcer la protection des populations et à prendre des mesures concrètes pour empêcher la poursuite des violences.
Alors que la peur gagne davantage les populations de Babila-Babombi, la question demeure : combien de victimes faudra-t-il encore enregistrer avant une réponse sécuritaire à la hauteur de la menace ?
Joël Heri Budjo