La situation humanitaire dans le site de déplacés de Pleine Savo devient critique à Bule, dans le territoire de Djugu, en Ituri. Dans une déclaration faite ce vendredi 17 avril 2026 Emmeri Mbukana, vice-président du site, lance un appel urgent à l’attention des autorités et des organisations humanitaires.
« Depuis le 5 décembre 2025, aucune organisation n’est venue en aide aux populations vulnérables vivant ici », affirme-t-il. Selon lui, des milliers de déplacés passent leurs nuits à la belle étoile, sans nourriture, sans abris et sans articles ménagers essentiels.
La situation est d’autant plus alarmante que des décès sont enregistrés quotidiennement.
« Nous enregistrons jusqu’à sept morts par jour, y compris des enfants de trois ans, principalement à cause de la malnutrition », déplore-t-il. Les personnes âgées figurent également parmi les plus touchées, faute de moyens pour se déplacer ou accéder aux soins.
Face à cette crise, le responsable appelle à une mobilisation immédiate des autorités provinciales, nationales et internationales, ainsi que des organisations de bonne volonté. Il dénonce également ce qu’il considère comme un détournement d’assistance : certaines organisations, financées pour intervenir à Pleine Savo, opéreraient ailleurs, notamment à Boga.
Sur le plan sécuritaire, Mbukana plaide pour la libre circulation des civils, dénonçant leur assimilation systématique aux groupes armés.
« Les sites de déplacés ont un caractère civil et humanitaire reconnu au niveau national et international », rappelle-t-il, appelant au respect de ce principe.
Il cite notamment le cas récent d’une femme civile blessée par balle par un militaire alors qu’elle quittait le site.
« Elle est actuellement prise en charge à l’hôpital Salama », précise-t-il.
Présente dans la zone, la MONUSCO est appelée à témoigner de la situation et à renforcer son rôle de protection. Le vice-président du site insiste sur l’urgence d’une assistance humanitaire : « Sous la pluie, des familles entières restent sans abris. Ce sont des êtres humains comme les autres. Leurs droits doivent être protégés ».
Joël Heri Budjo