Dans une lettre ouverte, l'Archevêché de Bukavu interpelle le Ministère national de l'Enseignement Supérieur et Universitaire, les autorités de l'AFC/M23 et l'ensemble des partenaires éducatifs en RDC.
Intitulé « Remets ton épée au Fourreau », le document est signé par Mgr François Xavier Maroy Rusengo, Archevêque Métropolitain de Bukavu.
Deux guerres dans la guerre
L'Archevêché rappelle que depuis trois décennies, la sous-région des Grands Lacs traverse des turbulences dramatiques.
Il pointe deux faits récents :
1. Depuis le 29 mai 2026 et le 07 août 2026, le mouvement AFC/M23, occupant militairement une bonne partie du Nord et du Sud-Kivu, a procédé à la nomination des personnels administratifs et financiers et de comités de gestion dans une dizaine d'Universités et Institutions d'enseignement supérieur à Goma et Bukavu.
2. Le 10 août 2026, dans son Communiqué officiel n°011, le Ministère de l'ESU, ministre de tutelle, a non seulement condamné les agissements de l'AFC/M23, mais a aussi sanctionné le personnel illégitimement nommé et fermé toutes les institutions concernées, en proposant que les étudiants aillent s'inscrire dans d'autres provinces.
Pour ce prélat Catholique, c'est une double peine pour les parents « dépourvus de tout, dans ce pays de souffrances ».
Citant le Pape François : « Otez vos mains de la République Démocratique du Congo. Otez vos mains de l'Afrique ! » et le Pape Léon XIV sur l'« Eglise samaritaine », Mgr Maroy estime que l'Eglise, « Mère et Educatrice », ne peut se taire devant « la faim et la soif de ses enfants ».
Il lance cet appel : « N'utilisez pas l'éducation et tout le social comme arme de guerre ou champ de bataille pour vos règlements des comptes. Soyez des parents responsables soucieux de l'avenir de la Patrie », a déclaré François Xavier Maroy.
L'Archevêché rappelle que la CENCO-ECC s'investit pour un dialogue inclusif et une cohabitation pacifique dans les Grands Lacs et estime que nul n'a besoin de nouveaux ingrédients qui attisent les conflits.
Il conclut en demandant à tous les acteurs de remettre leur épée au fourreau : « Que le plus soucieux du bonheur de ce peuple et de la paix durable dans ce pays remette, le premier, son épée dans le fourreau, son adversaire suivra, et la paix règnera dans toutes nos structures d'enseignements ».
Il invite tous les belligérants à aider plutôt les parents, les enfants et les enseignants à clôturer en beauté l'année académique 2025-2026 et à ouvrir paisiblement l'année 2026-2027, de l'école maternelle à l'école doctorale, sur tout le territoire national.
Rappelons que la lettre est écrite en ce mois d'octobre, mois du Rosaire et des Missions, mais aussi mois de mémoire des Evêques Martyrs Mgr Christophe Munzihirwa, Mgr Emmanuel Kataliko et Mgr Charles Mbogha.
David Aluta