Un agent engagé dans la riposte contre la maladie à virus Ebola a été pris à partie par des habitants, ce vendredi 06 novembre 2026, au parking Kasindi, en ville de Beni. Alors qu’il procédait à une opération de désinfection d’un véhicule et d’un lieu de deuil, il a été violemment agressé avant d’être secouru par les services de sécurité. Cet incident relance les inquiétudes sur la résistance communautaire aux mesures de prévention contre Ebola.
La riposte contre la maladie à virus Ebola fait face à un nouvel acte d’hostilité à Beni. Un agent sanitaire chargé des opérations de désinfection a échappé de justesse à une agression populaire, dans la matinée de ce vendredi 06 novembre, au parking Kasindi.
Selon les informations recueillies, l’agent procédait à la pulvérisation de produits désinfectants sur un véhicule ainsi que dans un lieu de deuil lorsqu’il a été pris à partie par des personnes présentes sur les lieux.
Accompagné d’un élément de la Police nationale Congolaise (PNC), il aurait été roué de coups. Son pulvérisateur a également été endommagé au cours de l’incident.
La situation a nécessité l’intervention des services de sécurité, qui sont parvenus à l’extraire de la foule et à le mettre à l’abri.
La résistance communautaire complique la riposte
Cet incident intervient dans un contexte marqué par une certaine méfiance d’une partie de la population envers les interventions sanitaires liées à Ebola. Certains habitants contestent notamment les opérations de désinfection et continuent de remettre en question la présence de la maladie dans leur environnement.
Cette résistance constitue un défi supplémentaire pour les équipes de riposte, dont les interventions reposent également sur l'adhésion et la collaboration des communautés.
Un appel à revoir les stratégies de sensibilisation
Cette nouvelle agression interpelle les autorités provinciales et les responsables de la riposte sur la nécessité de renforcer les stratégies de communication et de sensibilisation communautaire.
Au-delà des interventions techniques et médicales, l’acceptation des mesures sanitaires par la population apparaît essentielle pour assurer le bon déroulement des activités de prévention.
Les autorités sont ainsi appelées à multiplier les échanges avec les leaders communautaires, les responsables locaux et les différentes couches de la population afin de mieux expliquer les objectifs des opérations de désinfection et les risques liés à la propagation du virus.
Alors que la RDC fait face à une épidémie particulièrement meurtrière de maladie à virus Bundibugyo, les actes d’hostilité contre les équipes sanitaires risquent de fragiliser davantage les efforts de prévention et de contrôle de la maladie.
Diddy Mastaki