La Coordination Provinciale de la Protection Civile de l’Ituri alerte sur les impacts déjà visibles de la saison sèche, qui s’étend généralement de décembre à mars dans la province. Cette période climatique affecte plusieurs secteurs socio-économiques et humanitaires, avec des conséquences importantes pour les communautés locales.
Dans le secteur de l’agriculture et de l’élevage, la sécheresse provoque une pénurie de fourrage pour le bétail, entraînant parfois des tensions entre éleveurs et cultivateurs. L’assèchement de certains points d’eau compromet l’irrigation et réduit les rendements des cultures vivrières, mettant en péril la sécurité alimentaire.
Le secteur de l’eau et de l’environnement est également affecté, avec une diminution des niveaux des nappes phréatiques et des cours d’eau et une dégradation de la qualité de l’eau. L’assèchement de la végétation augmente les risques d’incendies, aggravés par les vents secs typiques de cette saison.
La santé humaine est aussi menacée. Robert Ndjalonga signale une augmentation des maladies hydriques dues à l’eau insalubre, des cas de déshydratation, ainsi que des affections respiratoires causées par la poussière et l’air sec.
La production d’énergie électrique connaît des perturbations, avec une réduction de la capacité hydroélectrique, ce qui impacte plusieurs activités socio-économiques. Les routes en terre battue sont également plus dangereuses, la poussière réduisant la visibilité et provoquant une recrudescence des accidents de circulation.
Sur le plan économique et humanitaire, la sécheresse entraîne une hausse des prix des denrées alimentaires, notamment des légumes devenus rares sur les marchés. Dans les sites de personnes déplacées, l’assèchement et les vents secs augmentent le risque d’incendies et la destruction d’abris, tandis que la pénurie d’eau renforce la vulnérabilité des populations.
Face à cette situation, la Protection civile de l’Ituri recommande la mise en œuvre urgente de mesures d’adaptation et de résilience, ainsi qu’une gestion proactive des ressources, afin de limiter les impacts de la sécheresse sur l’agriculture, l’eau, la santé et les autres secteurs clés de la province.
Joël Heri Budjo