Les relations entre les États-Unis d'Amérique et l’Ouganda connaissent une nouvelle zone de turbulence après des déclarations controversées du général Muhoozi Kainerugaba, chef des Forces de Défense Ougandaises et fils du président Yoweri Kaguta Museveni, visant directement l’administration américaine à Kampala.
Réagissant à ces propos, le président de la Commission des relations étrangères du Sénat Américain a estimé que le général Ougandais avait « franchi une ligne rouge », appelant Washington à réévaluer en profondeur son partenariat sécuritaire avec l’Ouganda, y compris la coopération militaire et l’éventualité de sanctions.
« Le fils du président, et probable successeur, ne peut pas simplement supprimer des tweets et présenter des excuses creuses. Les États-Unis ne toléreront pas un tel niveau d’instabilité et d’imprudence du personnel Américain, les intérêts des États-Unis et des vies innocentes dans la région sont en jeu », a-t-il déclaré.
La sortie Américaine fait suite à une série de messages publiés sur le réseau X par le général Kainerugaba, dans lesquels il accusait l’ambassade des États-Unis en Ouganda d’avoir aidé l’opposant Bobi Wine à s’échapper. Ces publications sont intervenues au lendemain de l’élection présidentielle du 15 janvier, dans un climat politique déjà tendu.
Face à la polémique, le chef de l’armée ougandaise a rapidement supprimé ses messages et tenté d’apaiser la situation. Dans une nouvelle déclaration, il a affirmé avoir été « induit en erreur par de mauvaises informations » et indiqué avoir échangé avec l’ambassadeur Américain en poste à Kampala.
« J’ai parlé avec l’Ambassadeur des États-Unis dans notre pays et tout va bien. Nous allons continuer notre coopération militaire comme d’habitude », a-t-il assuré.
Malgré cette tentative de désescalade, la réaction ferme du Sénat Américain souligne la sensibilité extrême des propos tenus par une figure clé de l’appareil sécuritaire ougandais, également conseiller présidentiel spécial aux opérations. L’épisode met en lumière les fragilités d’une relation stratégique longtemps fondée sur la coopération militaire et la lutte contre l’insécurité régionale, mais désormais exposée aux risques d’une communication jugée impulsive au sommet de l’État Ougandais.
Diddy Mastaki