Le président de la Commission de l’Union Africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a prononcé, vendredi soir, une allocution de fond devant le Comité ministériel de suivi de la mise en œuvre de l’Agenda 2063, appelant à dépasser les transitions de leadership purement symboliques pour insuffler une nouvelle dynamique politique au projet continental.
Dans son discours, il a insisté sur le fait que les changements à la tête des institutions Africaines doivent être des leviers de renouveau, d’urgence et d’engagement politique accru, afin de concrétiser les ambitions de l’Agenda 2063. Selon lui, la réussite de cette vision dépend moins des discours que de décisions politiques courageuses.
Le président de la Commission a rappelé que le Deuxième Plan décennal de mise en œuvre offre une feuille de route claire pour accélérer la transformation du continent. Toutefois, il a mis en garde : l’ambition sans ressources adéquates ne peut produire de résultats durables. Il a déploré le sous-financement persistant de l’Agenda 2063, les difficultés rencontrées par les projets phares et l’insuffisance des capacités institutionnelles nécessaires à leur exécution.
« Ce n’est pas un échec technique, mais un choix politique », a-t-il martelé, soulignant que le statu quo ne permettra pas de bâtir l’Afrique envisagée par l’Agenda 2063.
Mahmoud Ali Youssouf a ainsi appelé à aligner la vision sur les ressources, les plans sur les capacités réelles, et le contrôle sur la redevabilité, tout en accélérant l’opérationnalisation des outils de mise en œuvre. Il a également plaidé pour une gouvernance réformatrice et la levée des obstacles politiques et institutionnels qui freinent l’action.
Enfin, il a insisté sur un impératif central :
l’Agenda 2063 doit quitter les salles de réunion pour s’ancrer dans le quotidien des citoyens africains, condition essentielle pour transformer les aspirations continentales en une réalité irréversible.
Diddy Mastaki