Le député national Patrick Munyomo a assuré samedi à Kinshasa qu’il n’existait « aucune rupture politique » entre lui et le regroupement AFDC-A du sénateur Modeste Bahati Lukwebo, malgré des divergences récentes sur la question de la révision/changement de la Constitution.
S’exprimant lors d’une conférence de presse, l’élu de Goma a réaffirmé sa loyauté au président Félix Tshisekedi ainsi qu’à la plateforme au pouvoir, l’Union Sacrée de la Nation.
« Il n’y a pas de rupture entre notre regroupement politique et moi », a-t-il déclaré, tout en revendiquant sa liberté de ton.
Patrick Munyomo a toutefois pris ses distances avec une récente prise de position de Modeste Bahati Lukwebo, opposé à toute modification de la Constitution.
« Ses propos s’écartent de la vision du chef de l’État et des orientations de l’Union Sacrée », a-t-il estimé, précisant avoir refusé d’« endosser » cette position.
Abordant la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo, le député a exprimé sa « compassion » aux populations affectées par les violences qu’il attribue au Rwanda « à travers l’AFC/M23 ». Il a également évoqué les initiatives diplomatiques en cours, notamment le processus de Doha, relocalisé en Suisse, ainsi que des discussions à Washington visant à rétablir la paix.
Selon lui, les accords conclus entre Kinshasa et Kigali ont déjà été transmis au Parlement et pourraient être examinés au cours de la session en cours.
Sur le débat autour d’une éventuelle révision constitutionnelle, Patrick Munyomo s’est dit favorable à une modification du texte fondamental, rappelant que d’anciens dirigeants comme Mobutu Sese Seko, Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila y avaient procédé. « La Constitution n’est pas une bible, elle peut évoluer selon les circonstances », a-t-il affirmé.
Enfin, le député a appelé les populations de l’Est à soutenir les efforts du chef de l’État pour restaurer la sécurité. Il a annoncé se rendre prochainement à Kampala et Bujumbura afin d’apporter une assistance aux réfugiés congolais, après des actions similaires menées à Kinshasa, Beni et Butembo.
Pacheco Kavundama