Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a procédé à un changement à la tête de la province de l’Ituri en nommant, par ordonnance présidentielle lue vendredi sur la RTNC, le Général-Major Kasongo Mulumba Batoka Gaby au poste de gouverneur militaire.
Le nouvel homme fort de l’Ituri succède au Lieutenant-Général Johnny Luboya Nkashama, qui dirigeait la province depuis l’instauration de l’état de siège en mai 2021. Cette décision intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant marqué par la persistance des violences armées dans plusieurs territoires de la province.
Selon certaines sources, la nomination du Général-Major Kasongo Mulumba Batoka Gaby s’inscrit dans le cadre des ajustements opérés au sein du commandement militaire et de l’administration exceptionnelle mise en place dans les provinces de l’Est du pays confrontées à l’insécurité. Depuis plus de cinq ans, l’Ituri est administrée sous le régime de l’état de siège, une mesure exceptionnelle destinée à renforcer la lutte contre les groupes armés locaux et étrangers qui continuent de menacer les populations civiles.
Province stratégique située au nord-est de la RDC et frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, l’Ituri demeure l’un des principaux foyers d’instabilité du pays. Les territoires de Djugu, Irumu et Mambasa sont régulièrement touchés par des attaques attribuées notamment aux rebelles des ADF ainsi qu’à diverses milices communautaires, malgré les opérations conjointes menées par les FARDC et leurs partenaires régionaux.
Après plusieurs années passées sous la gouvernance du lieutenant-général Luboya, dont le bilan a souvent été au centre des débats sur l’efficacité de l’état de siège, les attentes sont désormais tournées vers son successeur. Le Général-Major Kasongo Mulumba Batoka Gaby hérite d’une province confrontée à des défis sécuritaires, humanitaires et socio-économiques considérables, alors que des milliers de civils restent affectés par les déplacements forcés et les violences armées.
À travers cette nomination, le Chef de l’État semble vouloir insuffler une nouvelle dynamique dans la gestion sécuritaire de l’Ituri, où le rétablissement durable de l’autorité de l’État demeure une priorité nationale.
Les prochains jours devraient être marqués par la cérémonie officielle de remise et reprise entre le gouverneur sortant et son successeur, tandis que les populations ituriennes espèrent voir cette nouvelle administration militaire contribuer à l’amélioration de la situation sécuritaire dans la province.
Daudi Amin