Au terme de la 89ᵉ réunion du Conseil des ministres, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a présenté un état des lieux des différentes situations sanitaires préoccupantes à travers le pays, notamment l’évolution du choléra, les alertes liées au Hantavirus et la situation du virus Ebola.
Il ressort que, dans son allocution, le ministre a d’abord présenté un rapport préliminaire d’investigation mené dans les zones de santé de Mongbwalu, Rwampara et Bunia, à la suite de rumeurs faisant état de décès groupés.
Cependant, concernant l’épidémie de choléra, les données de la 18ᵉ semaine épidémiologique montrent une baisse du nombre de cas suspects, passés de 1 008 à 854. Malgré cette diminution, douze décès ont été enregistrés, portant le taux de létalité à 1,4 %, contre 1,2 % la semaine précédente.
À Kinshasa, une légère diminution des nouveaux cas suspects a également été observée : 39 cas ont été recensés contre 42 une semaine plus tôt. En revanche, le nombre de décès est passé de deux à trois. Au total, 18 patients actifs sont actuellement pris en charge dans les centres de traitement du choléra.
Le ministre a également évoqué une alerte sanitaire dans la zone de santé de Dumi, où plus de 500 cas de diarrhée avaient suscité des soupçons d’une éventuelle épidémie de choléra. Toutefois, après des investigations épidémiologiques, cliniques et environnementales menées par une équipe mixte du ministère, aucun foyer épidémique n’a été confirmé.
Sur le plan international, Roger Kamba a fait état de la surveillance du foyer de Hantavirus de souche Andes (AND), actuellement suivi dans plusieurs pays européens et principalement observé en Amérique du Sud. Selon les évaluations de l’Organisation Mondiale de la Santé, le risque mondial reste faible pour la population générale, mais modéré pour les personnes exposées au foyer associé au navire de croisière MV Hondius. Aucune transmission communautaire soutenue à grande échelle n’a été documentée jusqu’à présent.
En Afrique, aucun foyer majeur confirmé n’a encore été signalé. Le ministère Congolais de la Santé affirme néanmoins avoir renforcé la surveillance aux points d’entrée du territoire ainsi que les dispositifs de détection précoce et de prise en charge d’éventuels cas.
S’agissant d’Ebola, les données présentées font état de 246 cas suspects signalés et de 80 décès enregistrés, dont quatre parmi les cas confirmés en laboratoire. Sur les treize échantillons analysés par l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB), huit se sont révélés positifs, tandis que quatre nécessitent des analyses complémentaires.
D’autres prélèvements provenant de l’Ituri sont actuellement en cours d’acheminement vers l’institut. Les analyses de séquençage ont confirmé la présence de la souche Bundibugyo/Ouganda.
Face à cette situation, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures d’urgence, notamment l’identification et le suivi des contacts, la sensibilisation des leaders communautaires et religieux afin de lutter contre les rumeurs évoquant une prétendue « maladie mystique », ainsi que le renforcement des mesures de prévention et de contrôle des infections dans les structures sanitaires locales.
Gloire Malumba