Plus de 3 100 civils ont fui les violences armées et trouvé refuge auprès de la MONUSCO à Rhoo, dans le territoire de Djugu, en Ituri, après la reprise des affrontements entre groupes armés et avec les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).
Les combats ont éclaté dimanche 27 septembre dans la soirée dans les localités de Nyampala et Rhoo, impliquant notamment des éléments présumés de la CODECO et de la Convention pour la Révolution populaire (CRP). La situation a provoqué un mouvement de panique parmi les habitants et les personnes déplacées installées dans le site de Rhoo.
Craignant pour leur sécurité, des milliers de civils, parmi lesquels des femmes, des enfants et des personnes âgées, se sont dirigés vers la base opérationnelle temporaire de la MONUSCO située à proximité du site de déplacés. Certains y ont passé la nuit, tandis que d’autres se sont regroupés aux abords de la base.
« Nous voulons sauver notre peau, c’est pourquoi nous sommes venus auprès de la MONUSCO pour notre protection », a déclaré Vyanye Dirokpa, un déplacé de Rhoo, cité par Radio Okapi.
Selon les données communiquées par la MONUSCO, environ 3 100 civils, dont près de 1 600 femmes et 900 enfants, ont bénéficié de mesures de protection alors que les affrontements se poursuivaient dans les environs.
Neuf civils reçoivent des soins d’urgence
La dégradation de la situation sécuritaire a également entraîné des besoins médicaux urgents. Neuf personnes ont reçu des soins de première urgence à la base de la MONUSCO à Rhoo.
Parmi elles figurent deux hommes blessés par balle, deux fillettes, un nourrisson âgé de dix mois et quatre femmes.
Pendant ce temps, les Casques bleus Bangladais ont renforcé leur présence autour du site de déplacés et dans les localités voisines, en coordination avec les autorités locales, les leaders communautaires et les FARDC.
Des tirs signalés jusqu’à Blukwa
La situation demeurait volatile lundi matin. Des échanges de tirs ont notamment été signalés jusqu’à Blukwa, à environ quatre kilomètres de Rhoo.
Des sources locales rapportent par ailleurs que plusieurs habitations auraient été incendiées dans le centre de Blukwa par des éléments présumés de la CODECO. Des Casques bleus, en coordination avec les FARDC, sont intervenus dans la zone pour repousser les assaillants et limiter les risques pour les populations civiles.
Au moment de la rédaction, aucun bilan officiel des affrontements n’était encore disponible. Des sources locales évoquent néanmoins la mort de trois personnes déplacées et d’une quinzaine de combattants, des chiffres qui restent à confirmer.
Des civils cherchent également refuge à Gina
La situation sécuritaire s’est également dégradée à Gina, une localité située à une trentaine de kilomètres au nord de Bunia.
Des incidents impliquant les FARDC et des éléments présumés de la CRP ont poussé plusieurs civils à se rapprocher de la base de la MONUSCO pour rechercher une protection.
Les Casques bleus népalais déployés dans cette zone ont renforcé leurs patrouilles de jour et de nuit sur les axes Panga Panga, Risasi, Gina et Nyampala, ainsi que sur la RN27.
Selon la MONUSCO, la présence renforcée de ses troupes a favorisé une reprise progressive des mouvements de retour dans certaines localités. Certaines activités commerciales ont également commencé à reprendre.
La nouvelle flambée de violence intervient alors que les autorités locales et les acteurs communautaires appellent les groupes armés présents dans le territoire de Djugu à respecter leurs engagements en faveur de la cessation des hostilités et du cessez-le-feu.
Jusqu’à ce lundi 28 septembre à cette heure, ni les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ni l’administration militaire de l’Ituri n’avaient encore communiqué officiellement sur ces affrontements et leur bilan.
Joël Heri Budjo