Deux jours après le crash aérien qui a coûté la vie à plusieurs membres d’une délégation militaire à Kenge, dans la province du Kwango, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) montent au créneau pour dénoncer des « spéculations » diffusées sur les réseaux sociaux autour de cet accident.
Dans un communiqué de presse publié dimanche 27 septembre, le porte-parole des FARDC réagit particulièrement aux déclarations du TikTokeur et YouTubeur Kalonji Kabamba, accusé par l’armée de diffuser des informations qu’elle considère comme infondées concernant les circonstances du décès du premier président de la Haute Cour militaire et de l’auditeur général près la Haute Cour militaire.
L’armée Congolaise affirme que le déplacement effectué par les deux officiers généraux à Kikwit était une mission officielle d’inspection judiciaire, relevant de leurs attributions.
Selon l’état-major général, le premier président de la Haute Cour militaire et l’auditeur général des FARDC effectuaient régulièrement ce type de mission ensemble.
« Dans toutes les missions analogues, les deux Hauts Magistrats militaires ont toujours effectué les déplacements ensemble », affirme le communiqué.
Les FARDC précisent que cette pratique relève de leur organisation interne et contestent ainsi toute interprétation présentant leur déplacement conjoint comme une circonstance inhabituelle.
Le communiqué s’attaque également aux affirmations de Kalonji Kabamba concernant une supposée disparition, à Kamina, d’armes antiaériennes et d’armes destinées aux snipers.
Selon l’armée, le créateur de contenu aurait établi un lien entre cette prétendue disparition d’armes et le crash de Kenge, allant jusqu’à suggérer qu’elles auraient pu être utilisées dans l’accident.
Les FARDC rejettent catégoriquement cette version et qualifient ces affirmations d’« accusations sans fondement ».
Pour l’état-major général, de telles déclarations sont susceptibles, selon lui, de porter atteinte au moral des troupes et à l’image de l’institution militaire.
Face à ces déclarations, l’armée Congolaise annonce qu’elle se réserve le droit de saisir la justice.
Elle estime que les propos dénoncés portent atteinte à son honneur et à sa crédibilité et pourraient, selon son appréciation, contribuer à servir les intérêts de l’ennemi.
Les FARDC accusent par ailleurs Kalonji Kabamba de se comporter « comme un agent Rwandais », une accusation formulée par l’institution militaire dans son communiqué, sans toutefois présenter dans ce document d'éléments permettant d'étayer publiquement cette affirmation.
Dans sa mise au point, l’armée appelle enfin la population à ne pas accorder de crédit à ce qu’elle qualifie de propos « insensés » concernant le crash.
Elle dénonce plus largement les publications et commentaires spéculatifs diffusés sur les réseaux sociaux alors que les familles des victimes sont encore en deuil.
« C’est un manque de compassion, d’humanité et de considération envers les victimes et les familles éplorées », déplorent les FARDC.
Cette sortie intervient alors que les circonstances exactes du crash de Kenge restent au cœur des interrogations. Dans sa précédente communication, l’état-major général avait indiqué que des investigations avaient été diligentées afin de déterminer les circonstances réelles et les causes exactes de l’accident.
Pour l’heure, l’armée congolaise maintient donc sa position : le déplacement des deux hauts magistrats à Kikwit relevait d’une mission judiciaire officielle, tandis que les hypothèses avancées sur l’utilisation d’armes dans le crash sont rejetées par les FARDC. Les conclusions des investigations devront permettre d’établir les circonstances précises de l’accident.
Diddy Mastaki