Depuis l’avènement de la guerre du M23 dans la partie Sud de la province du Nord-Kivu, guerre ayant causé la fermeture de la route Nationale numéro deux sur l’axe Rutshuru-Goma, la capitale provinciale de la province du Nord-Kivu connaît une prolifération des boissons fortement alcoolisées parfois produites localement et faisant objet des importations illicites.
C’est vraiment un coup de théâtre que vit la jeunesse de cette ville, qui malgré leur attachement à la consommation abusive de ces genres de boissons, reste ébahie par cette présence brusque et spontanée de ce nombre accrue des boissons fortement alcoolisées pourtant jadis prohibées par le gouvernement congolais.
« Nous vendons les liqueurs, c'est vrai, mais actuellement la production des boissons nous étonne énormément. C’est depuis la guerre du M23 et la fermeture des productions de Premidis que plusieurs nouveaux produits ont surgi sur le marché. Des noms sans sens, sans moralité, c’est vraiment très désolant pour nous. Que les autorités prennent leurs responsabilités en main. Si non, c'est la mort pour la jeunesse », souligne un boutiquier.
Du côté des consommateurs, la tendance semble déjà commencer à s’inverser.
« D’abord Samba, Kings, Power 7 et aujourd’hui Eagle 12, Poutine, Mirage, Kaleo leo, ... c’est vraiment une confusion qui gagne nos têtes. Pour cela, nous avons jugé utile de revenir aux boissons légères parce que d’après tout, c'est nous qui détruisons nos corps et perdons notre argent. Mais notre gouvernement aussi, au lieu d’encourager les gens qui nous produisent la nourriture, surtout pendant ce moment de carence de presque tout, il protège les producteurs des produits qui nous détruisent au détriment de ce qui construit », souligne un jeune consommateur.
Pourquoi cette consommation à grande échelle ?
Parmi les causes principales de la consommation abusive de ces genres de boisson, le chômage de la jeunesse passe au premier plan. Dans les témoignages recueillis auprès de certains jeunes, le fait pour eux de manquer d’occupations professionnelles le pousse à se distraire par la consommation de tout genre de boisson.
« Pour mon cas, après l’obtention de mon diplôme de gradué, il y a maintenant trois ans, je n’ai jamais eu un quelconque travail qui puisse m’occuper. Pour passer le temps avec l’espoir d’avoir des petites occupations journalières, je suis obligé de me joindre aux autres jeunes. Et la seule chose qui nous réunit, c'est la boisson. Il nous arrive souvent à nous enivrer même trois fois le jour », témoigne-t-il.
Leur vœu reste celui de voir un peu d’ordre dans la production de ces boissons et surtout un grand et bon contrôle minutieux de l’Office Congolais de Contrôle, OCC sur la viabilité de ces produits sur la santé des consommateurs pour ne pas avoir une jeunesse invalide dans l’avenir.
Ce que pensent les activistes des droits de l’homme
Pour la société civile, le sentiment reste un regret total. Dans une réponse courte à Congorassure.cd, elle a indiqué que « la consommation abusive de ces produits, boissons fortement alcoolisées [ndlr], nuit gravement à la santé et de fois aux facultés mentales », souligne madame Julienne Kasilamo présidente de la thématique éducation de cette structure.
Pour elle, le mal dans tout ce qui se passe est que la vente de ces boissons fortement alcoolisées affecte petit à petit le milieu scolaire de la ville de Goma, une bombe à retardement pour la jeunesse. Elle appelle les autorités compétentes, les parents ainsi que les producteurs de ces genres de boissons à prendre chacun sa responsabilité pour sauver la jeunesse car, selon elle, la recherche de l’argent ne doit pas primer sur la santé et l’éducation de la jeunesse congolaise.
Diddy MASTAKI, Goma