Face aux critiques croissantes sur la qualité des services de télécommunications en République Démocratique du Congo, les principaux opérateurs du secteur ont publié un communiqué conjoint dans lequel ils reconnaissent les difficultés persistantes affectant les réseaux mobiles à travers le pays.
Dans cette déclaration, les entreprises de télécommunications saluent l’interpellation du ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, estimant que les préoccupations exprimées autour de la qualité des services sont légitimes au regard des attentes des abonnés et des institutions publiques.
Les opérateurs affirment être conscients de « l’importance et de l’urgence » de la situation et assurent poursuivre des investissements destinés à améliorer les performances des réseaux ainsi qu’à réduire les perturbations récurrentes observées dans plusieurs provinces du pays.
Toutefois, le secteur évoque plusieurs contraintes structurelles qui, selon lui, affectent considérablement la stabilité des services de téléphonie et d’internet en RDC. Parmi les difficultés citées figurent notamment l’instabilité de l’alimentation électrique, les coupures répétées des réseaux de fibre optique, l’insécurité sur certains axes routiers compliquant l’accès aux installations techniques, le manque de ressources en spectre ainsi que la faiblesse générale des infrastructures de base.
Mais sur le terrain, ces explications peinent à convaincre une partie importante des consommateurs, dont la frustration ne cesse de grandir face à la dégradation de la qualité des services mobiles et internet.
Dans plusieurs villes du pays, des abonnés dénoncent ce qu’ils qualifient de « vol organisé » autour des forfaits internet et des crédits de communication. Nombreux affirment perdre quotidiennement des unités sans réellement bénéficier du service payé.
« On recharge parfois 1 500 FC ou même 2 000 FC de forfait internet, mais la connexion est tellement mauvaise que le forfait expire sans être utilisé normalement. L’argent disparaît comme du gaz », déplore un habitant de Beni interrogé sur la question.
D’autres consommateurs dénoncent l’absence de communication des opérateurs après les coupures ou les dysfonctionnements prolongés des réseaux.
« Même quand le réseau ne fonctionne presque pas toute la journée, aucun message d’excuse n’est envoyé aux abonnés. Pourtant, nos forfaits continuent de se consommer automatiquement », regrette-t-il.
Les critiques visent particulièrement les interruptions fréquentes de la connexion internet, les lenteurs excessives lors de la navigation, les appels interrompus ainsi que les difficultés d’accès aux services financiers mobiles, devenus essentiels dans la vie quotidienne de nombreux Congolais.
Le communiqué des opérateurs souligne pourtant que des mécanismes de compensation et de traitement des réclamations ont été mis en place lorsque la qualité de service ne répond pas aux standards attendus. Les entreprises assurent travailler en coordination avec l’Autorité de régulation afin de garantir une prise en charge plus rapide des plaintes des utilisateurs.
En sollicitant l’appui du gouvernement pour des solutions à court, moyen et long terme, les sociétés de télécommunications reconnaissent implicitement que les défis du secteur dépassent le seul cadre technique et touchent également aux infrastructures nationales, à l’énergie et à la situation sécuritaire dans certaines régions.
Diddy Mastaki