Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Dénis Kadima, a abordé plusieurs sujets relatifs à l’organisation des élections lors de sa dernière intervention. Il a notamment répondu aux nombreuses réclamations concernant la qualité des cartes d’électeurs produites, qui laisseraient à désirer selon plusieurs personnes.
Dénis Kadima a assuré qu’il ne connaît pas le même problème avec sa propre carte d’électeur, ni avec celles de ses collègues et des personnes autour de lui. Cependant, il a admis que cela pourrait concerner un petit pourcentage d’électeurs et a rassuré que cela pourra être réglé, en annonçant d’emblée la distribution de duplicatas pour ceux qui rencontrent ce problème.
Le président de la CENI a également saisi cette occasion en répondant aux critiques des opposants, qui accusent la centrale électorale de préparer la fraude électorale au bénéfice du régime en place. Il déplore notamment la volonté de certains politiciens de discréditer la CENI, même en l’absence d’indices de fraude avérés.
Dénis Kadima s’est également plaint du manque de reconnaissance des éclaircissements fournies par la CENI aux confessions religieuses CENCO et ECC, qui ont posé un certain nombre de questions lors des journées portes ouvertes. Les réponses de la CENI n’ont été intégrées dans le rapport des deux organisations, selon le président de la commission, qui déplore le fait que la CENCO et l’ECC sont régulièrement présentes à Bruxelles et à Washington.
“Quand elles ont sorti leur rapport, elles n'ont pas tenu compte de nos réponses…Je me pose des questions… Et personne ne sait ce qu’elles (CENCO et ECC) racontent là-bas ( ndlr. Bruxelles, Washington) Je repasse (là-bas) pour rétablir la vérité”, a expliqué Dénis Kadima qui estime que le processus électoral avance normalement et que la CENI fait des performances.
En ce qui concerne l'audit du fichier électoral, un autre point de discorde entre la CENI et les opposant, Dénis Kadima a déclaré que ce n'était pas une exigence légale, mais une initiative qu’ils ont portée eux-mêmes. Il a expliqué que l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) avait été invitée pour réaliser cet audit, mais elle avait refusé en raison de l'opposition de la population et des partis politiques de l'opposition congolaise. Selon Kadima, bien que le délai court pour cet audit aurait pu être négocié, l'OIF avait annoncé que cela pourrait poser un problème additionnel, un problème technique et non politique.
Le président de la CENI a également abordé la question du financement des élections. Il a affirmé que le gouvernement avait déjà alloué près de 600 millions de dollars américains à la commission électorale, et qu’il restait encore 500 millions. Il a par ailleurs déclaré avoir eu une rencontre avec l'argentier national Nicolas Kazadi, au cours de laquelle ils se sont entendus pour que la CENI obtienne une enveloppe budgétaire conséquente d'ici la mi-juin.
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