Le président des déplacés vivant dans les sites situés dans les groupements Buvra, Kibati, Muja et Munigi vient de dresser un bilan alarmant au moins de cinq cent dix-sept (517) morts depuis l’arrivée des premières vagues des déplacés ayant fui les atrocités entre les combattants du M23 et les forces gouvernementales dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo, au Nord-Kivu.
Dans une interview exclusive accordée à la rédaction de Congorassure.cd, Théo Musekura, président de ces déplacés affirme que plusieurs faits sont à la base de ce chiffre alarmant de cas de décès. Il cite entre-autres les maladies qui manquent des prises en charge sanitaires, des accidents pour le cas des déplacés vivant le long de la route Nationale numéro deux et la famine, qui sont la cause primordiale de ces décès qui exterminent les déplacés.
« Depuis que nous sommes arrivés dans ces sites, en territoire de Nyiragongo, nous venons d’enregistrer au moins 517 décès dans les 117 sites que nous supervisons. Et la dernière personne morte a été enregistrée ce jeudi meme 1er juin même », affirme Théo Musekura.
La cause principale de ces décès demeure la famine, ces déplacés ayant totalisé plus de trois mois sans aucune assistance humanitaire en vivres et non-vivres, en dépit des plusieurs aides humanitaires du gouvernement Congolais qui n’atteignent jamais ces déplacés vivant hors des sites de Lushagara au quartier Mugunga, en ville de Goma et celui de Bushagara, en territoire de Nyiragongo, bien que représentant la minorité des déplacés.
Une situation qui inquiète au plus haut degré le comité directoire de ces sites, qui appelle les autorités Congolaises ainsi que les agents humanitaires à prendre la menace au sérieux pour sauver les vies de ces Congolais qui en plus de l’insécurité de leur intégrité corporelle font face à loi de la sécurité sanitaire et alimentaire.
« Imaginez-vous trois (03) mois sans rien à manger pour un ménage de plus de huit personnes, c’est inhumain. Les femmes sont devenues des mendiantes à travers la ville sans espoir de trouver de quoi nourrir leurs familles, des enfants qui passent des journées entière à ramasser pourvu qu’ils trouvent quelque chose à mettre sous la dent. Depuis l’ouverture du site de Bushagara, toutes les assistances du gouvernement sont acheminées seulement là-bas, or avec plus de 50 000 déplacés répertoriés, ce site ne renferme qu’environ 3.000 déplacés. C’est donc la majorité absolue qui ne bénéficie plus de rien. Il y a donc nécessité pour les autorités de prendre la menace au sérieux », poursuit-il.
Par ailleurs, Théo Musekura dit craindre que cette situation et la lourdeur de la vie ne puissent influencer les jeunes hommes présents dans ces sites délaissés à rejoindre des forces négatives et surtout à se convertir en bandits susceptibles de déstabiliser la sécurité de la ville de Goma et du territoire de Nyiragongo en quête des bonnes conditions de vie.
Il trouve utile que le gouvernement Congolais et tous des partenaires humanitaires et sécuritaires trouvent une solution durable à ce problème et surtout qu’il s’active pour combattre la rebellion du M23 par tous les moyens possibles, que ce soit par le dialogue ou par la guerre, pourvu que la paix revienne dans leurs villages pour qu’ils y rentrent.
Diddy MASTAKI, Goma