La vie des personnes de troisième âge et des handicapés physiques est en extrême danger dans les sites des déplacés érigés dans le territoire de Nyiragongo au Nord-Kivu.
Depuis qu’elles sont pu arriver dans ces sites, leurs nouvelles demeures depuis le lancement de la guerre du M23 coïncidant avec l’occupation de leurs villages par cette rébellion, elles vivent dans une grande souffrance liée à leur condition physique la plus fragile et fébrile parmi tous les autres déplacés.
Difficile pour cette catégorie des personnes d’accéder à l’assistance humanitaires qui est distribuée aux déplacés, car tout se passe par usage de la force, qualité qu’elles ne procèdent pas.
« Depuis que nous sommes ici nous n’accédons à rien. La vie devient encore plus difficile parce que nous venons de totaliser huit (08) mois sans aucune assistance. Mais lorsque la nourriture venait, même une petite part qui nous était destinée seuls les jeunes la récupérait parce que nous n’avons pas de force pour nous bagarrer afin d’accéder à l’assistance. Pour vivre, nous quémandons et lorsqu’il y a quelqu’un de bonne volonté, quand il a de quoi à manger, ils nous donnent pour juste tenir l’estomac. La souffrance des vieillards et handicapés est vraiment énorme », explique une de ces personnes de troisième âge.
Depuis tout le temps qu’elles ont déjà passé dans ce site, elles se trouvent marginalisées avec leur double vulnérabilité. Du côté des responsables des sites et des ONG humanitaires, personne ne plaide en leur faveur. Ce qui les plonge encore plus dans un grand trauma psychologique.
« Quand nous voyons tout ça, nous trouvons que personne ne se soucie de nous. Ça nous laisse penser à beaucoup de choses et nombreux d’entre nous arrivent même à faire des crises d’hypertension. Nous souffrons vraiment dans tous les sens », souligne cet autre dans un ton désespéré.
Ces personnes vulnérables demandent à ce que le gouvernement Congolais et ses partenaires humanitaires s’intéressent particulièrement à leur cas parce que selon elles, malgré leurs conditions physiques, elles ont également droit à la vie.
« Tout ce que nous demandons à nos autorités, c’est voir comment nous aider à trouver quelque chose à manger parce que la famine va nous exterminer. Ou alors nous a ramené chez nous s’ils n’ont rien à nous donner », proposent-t-elles.
Pour Théo Musekura, président des déplacés des groupements Buvira, Muja, Kibati et Munigi, ils ont lancé un programme d’enregistrement de toutes les personnes de troisième âge et des handicapées physiques pour amorcer des plaidoyers en faveur de cette catégorie des personnes surtout dans le cadre tout d’abord de suivi sanitaire en ayant leurs effectifs exacts. Une fois cette phase réussie, il promet débuter des démarches auprès des partenaires humanitaires susceptibles de leur venir en aide dans le cadre alimentaire.
Tenez, les vieillards et les handicapés physiques sont les plus victimes de ce grand conflit armé que mène la rébellion du M23 dans le territoire Rutshuru, Masisi et une partie du Nyiragongo depuis le mois de novembre 2021 dernier, aux côtés des femmes et des enfants qui éprouvent aussi d’une si grande souffrance liée à cette guerre.
Diddy MASTAKI, Goma