Le manque d’encadrement scolaire des enfants des déplacés de la guerre du M23 depuis qu’ils ont abandonné leurs villages dans les territoires occupés par les combattants de cette rébellion courent déjà plusieurs dangers. Depuis leurs arrivées dans les sites des déplacés éparpillés dans le Nyiragongo et en ville de Goma, au Nord-Kivu, le taux de la prostitution et des grossesses non désirées connaissent une hausse sensible chez les jeunes filles de moins de 18 ans.
Cette révélation a été faite par le coordinateur provincial du parlement d’enfants au Nord-Kivu aux cours d’une interview exclusive avec Congorassure.cd mercredi 14 juin 2023. Lors des alertes de cette institution adressées aux autorités Congolaises pour montrer l’urgence de la nécessité de mettre en place un plan d’encadrement scolaire de ces enfants déplacés dont l’éducation est actuellement en danger bien qu’ils sont protégés par des conversations et chartes internationales dont est signataire la RDC.
« D’entrée de jeu, nous sommes contents des avancées que la RDC a connues pour garantir le respect des droits à l’éducation pour les enfants Congolais. Mais pour le cas des enfants déplacés, c’est désolant de les voir être abandonnés à leur triste sort depuis qu’ils sont en déplacement suite à la guerre dans leurs contrées », s’inquiète Amadi Twaha.
Par ailleurs, il affirme avoir présenté une lettre ouverte à ces autorités à différents niveaux pour montrer les dangers que courent ces enfants et surtout proposer trois solutions à ce problème qui semble être pris avec légèreté.
« Dans notre lettre ouverte adressée au gouvernement Congolais nous avons proposé tout d’abord la création des centres d’encadrement scolaire dans les sites de déplacés aux profits de ces enfants. Si cela est difficile, la deuxième piste est de créer des partenariats entre les enseignants déplacés et les écoles locales pour que l’encadrement de ces enfants se fasse dans ces écoles de la place. Et enfin, que la paix soit rétablie dans les zones sous occupation du M23 pour que ces enfants rentrent poursuivre leur éducation dans leurs milieux d’origine », souligne-t-il.
Face à cette situation, le parlement d'enfants dresse un bilan plutôt sombre renfermant les dangers qui s’affichent déjà dans le chef de ces enfants. Il évoque un taux élevé des grossesses non désirées et de la prostitution des jeunes filles de moins de 18 ans et la conversion de plusieurs jeunes garçons à des bandits par manque d’occupation et suite aux conditions inhumaines dans lesquelles ils vivent dans les sites des déplacés. Il appelle le gouvernement Congolais à une réaction urgente pour sauver l’avenir de ces enfants avant qu’un drame ne se produise.
« Nous avons documenté plusieurs cas de prostitutions impliquant les enfants et la montée en flèche des grossesses non désirées chez les enfants de moins de 18 ans. Également des jeunes garçons qui deviennent de plus en plus des bandits par manque d’encadrement scolaire et professionnelle dans les sites des déplacés. Pour cela, nous demandons au gouvernement d’agir en toute urgence au profit de ces enfants et tant que rien n’a été fait, nous continuerons à alerter avec l’espoir d’avoir une réponse favorable à notre lettre ouverte », explique-t-il.
Dans sa réaction à ce sujet, l’analyste indépendant Dady Saleh invite les autorités Congolaises à se soucier de ces enfants, car il est inacceptable de voir tout le monde s’occuper de la préparation des élections et laisser des questions importantes au développement et l'avenir du pays. Pour lui, ces enfants doivent être considérés et étudier comme tous les autres enfants du pays pour leur donner la chance de participer au développement de la RDC.
C’est depuis qu’ils ont été contraints à vivre en exode en mi-juin 2022 que ces enfants ne connaissent plus le chemin de l’école. En plus de la souffrance qu’ils endurent avec leurs parents par manque d’assistance humanitaire, ils font face à plusieurs autres réalités de la vie les poussant aux réactions de tout genre allant jusqu’à la mise en péril de leur vie.
Diddy MASTAKI, Goma