Les élections en République Démocratique du Congo approchent. Selon les prévisions du calendrier électoral de la Commission Électorale Nationale Indépendante, CENI, les élections sont prévues au mois de décembre 2023. Mais plusieurs personnes vivant de zones sous contrôle de combattants du M23 risqueraient de rater de participer à ces élections après avoir été mis à l’écart de la révision du fichier électoral.
Une réalité qui inquiète au plus haut degré plusieurs ressortissants des territoires de Rutshuru, Masisi et une partie de Nyiragongo qui craignent l’impact de l’absence de cette frange de la population dans le fichier électoral tout d’abord et la répartition des sièges qu’ils supposent être non objectif, car ne prenant pas en compte toute la population qui n’avait pas pu se faire enrôler.
« Nous avons des problèmes qui nous dérangent. Voici que nous sommes à l’approche des élections, mais la CENI n’a rien dit en ce qui concerne nos frères qui ne se sont pas fait enrôler. Seront-ils écartés des élections ? On a promulgué la loi portant la répartition des sièges, sur base de quoi ils ont travaillé sur le cas des zones occupées par le M23 ? Bien sûr, certains, les déplacés ont obtenu leurs cartes d’électeurs, c'est quoi l’avenir des autres ? », s’interroge une femme ressortissante de Masisi lors d’une interview avec Congorassure.cd.
Par ailleurs, dans un point de presse organisé à Goma lundi dernier, le député national Lusenge Bonane, abordant ce sujet des élections, a rassuré l’opinion publique que la centrale électorale serait à pied d’œuvre pour trouver une issue à cette question d'enrôlement des personnes habitant dans les zones sous contrôle des rebelles du M23.
Selon Jérôme Lusenge Bonane, « dès que la paix sera rétablie dans cette partie de la province du Nord Kivu, la CENI mobilisera un lot important de machines pour arriver à identifier et enrôler un nombre important de la population dans un délai si court avant d’aller aux élections ».
Une assurance qui semble soulager la population, mais en la laissant dans une si grande incertitude autour de la fin de la guerre dans ces zones ou encore sur la répartition des sièges, un travail pourtant déjà clôturé par les deux chambres du parlement jusqu’à la présidence qui déjà et d’ailleurs donné son approbation sur la loi de répartition des sièges accordant par exemple sept sièges au territoire de Rutshuru sans tenir compte de ceux qui ont raté l’enrôlement.
« Bien sûr on va les enrôler si la paix revient. Qu’en est-il maintenant de la répartition des sièges ? On va encore refaire la répartition pour ces trois territoires ? », ces sont interrogations qui se poursuivent dans le chef des ressortissants de ces territoires.
Diddy MASTAKI, Goma