L'Observatoire de la dépense publique (ODEP) et l'ONG Lutte contre la corruption (LICOCO) ont récemment fait état des cas de trafic d'influence et de corruption dans le processus de présélection de l'entreprise chargée de produire les plaques d'immatriculation.
Dans une correspondance adressée au ministre des Finances, Nicolas Kazadi, ces deux organisations de la société civile ont souligné les abus qui selon elles ont entaché la présélection des sociétés compétitrices. Elles mettent en lumière ce qu’elles qualifient de l'inexpérience de certaines entreprises, de leur implication dans des affaires de corruption passées, ainsi que l'utilisation de pratiques de favoritisme pour obtenir l'appel d'offres.
Elles indiquent craindre que cela ne soulève des inquiétudes quant à leur capacité à fournir des produits de qualité conformes aux normes requises et qu’il y ait également des doutes quant à leur éthique professionnelle et leur intégrité.
Les deux organisations de la société civile dénoncent par ailleurs le manque de diligence de la cellule de passation des marchés du ministère des Finances, qui aurait permis à certaines sociétés de bénéficier d'un traitement préférentiel en raison de leurs connexions politiques ou de leurs liens avec des fonctionnaires influents. Cette situation compromet selon celles-ci la transparence et l'équité du processus de sélection, et favorise l'émergence de pratiques corruptrices.
L'ODEP et la LICOCO appellent de ce fait à une révision du processus de sélection. Les deux organisations demandent au ministre des Finances à prendre des mesures immédiates pour remédier à cette situation. Ils demandent la disqualification des sociétés peu qualifiées et suspectes, ainsi que la sélection uniquement des entreprises respectant les principes anti-corruption. De plus, ils préconisent l'implication des organisations de la société civile lors de l'ouverture et de l'analyse des offres, afin de prévenir tout abus futur et de garantir la transparence du processus.
CongoRassure