Les femmes, veuves et orphelins des militaires et policiers du camp Munzenze, en ville de Goma refusent catégoriquement de quitter cette concession sans que le gouvernement provincial du Nord-Kivu ne leur montre pas un autre endroit pouvant les accueillir autre que la cité de Sake dans le territoire de Masisi, endroit où sera délocalisée la prison de Goma dans les prochains jours.
Dans une conversation avec ces femmes, elles soulignent être stupéfaites que ce soit en période du régime d’état de siège avec un gouvernement chapeauté par des militaires et policiers que ce projet qui pourtant ne faisait pas la priorité des autorités civiles soit exécuté par des hommes en tenue militaire et policière alors que ce sont eux qui sont sensés bien comprendre la souffrance des familles militaires.
« Nous traversons depuis toujours des moments difficiles dans notre vie. Mais nous sommes surpris de voir que c’est le gouverneur militaire qui vient nous jeter à la rue avec des enfants, des orphelins et des veuves, des femmes dont les maris sont au front. Ça nous fait encore plus mal parce que c’est lui qui devait nous protéger », souligne une femme.
Elles menacent de ne pas céder à n’importe quelle pression visant à le mettre dehors si aucune solution en leur faveur ne pas trouver par ces mêmes autorités supposées avoir accéléré la cession de cette concession, autour de laquelle une grande clôture est en cours de construction par la firme BBA.
« Nous n'accepterons pas de quitter ce lieu avant une quelconque solution. Je suis une fille d'un militaire décédé au front. Je suis moi-même épouse d'un militaire. Je vis ici depuis plus de 20 ans. Je ne peux pas accepter quitter ici pour aller à Sake. Je ne sais pas où amener mes enfants et comment nous allons vivre. Nous demander de quitter par force fera même l’objet d’une résistance », affirme-t-elle.
Pour le moment, les travaux d’érection d’une clôture sont en cours sur cet espace d’environ sept (7) hectares dans lequel environ trois (03) mille familles des militaires et policiers sont exigées que quitter.
Diddy MASTAKI, Goma