Dans un geste de désespoir et d'indignation, de nombreux citoyens qui ont été directement ou indirectement touchés par la guerre menée par le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) et les différentes rébellions qui ont suivi, notamment le mouvement actuel du 23 mars (M23), sont descendus au gouvernorat de province pour exprimer leur mécontentement face à la persistance de l'insécurité dans leurs régions d'origine.
En présence du commissaire supérieur Principal Kapend Kamand Faustin, Maire par intérim de Goma, les victimes ont lu un mémorandum exposant d'un côté la situation désastreuse caractérisée par les massacres de personnes et le pillage des ressources commis par les éléments de la force régionale EAC, ainsi que la réalité de vie difficile qu'ils endurent dans les différents camps de déplacés disséminés dans le territoire de Nyiragongo.
En plus de leurs revendications, ils ont également exprimé leur souhait de retourner dans leurs villages respectifs. Après près de trois ans de guerre menée par la rébellion du M23, avec le soutien présumé du régime de Kigali, comme le soulignent plusieurs rapports d'experts des Nations Unies et les accusations du gouvernement congolais, ils aspirent à retrouver la paix dans leurs régions d'origine.
Lors de ces échanges avec les représentants de l'autorité provinciale, le représentant personnel du gouverneur militaire a partagé la douleur et les revendications de ces citoyens, leur promettant de transmettre immédiatement le contenu du mémorandum aux autorités compétentes.
"Faisons preuve d'unité, ripostons, la victoire est à nous", a déclaré le Maire de Goma, concluant ainsi ses propos devant les citoyens réunis au sein du Conseil de la Jeunesse des territoires de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo.
Depuis la guerre dite de libération déclenchée en 1996 dans l'est de la RDC (alors Zaïre) jusqu'au mouvement actuel du M23 en passant par le RCD, le CNDP et les factions dirigées par Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda, les provinces de l'Est (Orientale, Nord Kivu et Sud Kivu) ont été ravagées par d'innombrables souffrances causées par la guerre, entraînant la mort de plusieurs millions de personnes, le pillage frauduleux des ressources naturelles et d'autres crimes de guerre et crimes contre l'humanité qui ont été documentés. Les auteurs de ces atrocités vivent en toute impunité et nombreux sont encore cachés au sein des institutions officielles de la RDC.
Ces circonstances ont conduit la population de cette région, en proie à un cycle infernal de violence depuis plus de deux décennies, à lancer la campagne "GENOCOST" pour dénoncer le génocide économique que subissent les Congolais à l'Est du Congo par le biais du Rwanda et de son parrain ougandais.
Diddy MASTAKI, à Goma