Les organisations de la société civile, mouvements citoyens et groupes de pression de la province du Nord-Kivu montrent leur préoccupation face à la situation que traverse cette province dont la montée de la criminalité et de la détérioration de la situation socio-humanitaire dans la partie Est du pays en général et plus particulièrement de la province du Nord-Kivu en proie à l'activisme du M23.
Dans un communiqué de presse exploité par la rédaction de congorassure.cd, ces organisations de la société civile du Nord-Kivu fustigent la persistance de la guerre dans cette partie du pays depuis plus de deux décennies, un silence notoire de la communauté internationale, en dépit des graves violations des droits humains qui y sont enregistrés.
"Depuis plus de 25 ans, nous sommes dans une guerre injuste, abandonnés d'une part par la communauté internationale qui se fait passer pour la respectueuse des droits de l'homme mais qui observe impuissamment des graves violations de ces derniers avec toutes ses conséquences humaines, matérielles et environnementales ainsi que d'autres dommages collatéraux. Au même moment nous sommes consternés par I'insouciance des autorités Congolaises face à toutes ces crises que traverse la population", écrivent-elles.
Par ailleurs, elles soulignent que les trois dernières années, le Nord-Kivu malgré le régime exceptionnel de l'état de siège, connaît des situations extrêmement difficiles, enregistre plusieurs fois des victimes qui nécessitent un plaidoyer humanitaire et un traitement particulier vis-à-vis du gouvernement central.
Ces organisations citent entre-autres, la poursuite des massacres dans la région de Beni par les ADF, l'éruption volcanique de Nyiragongo de mai 2021, la résurgence de la guerre du M23, l'insécurité grandissante en ville de Goma, le déplacement massif des populations, l'occupation des territoires de Rutshuru et Masisi par le combattants du M23.
Des facteurs que, malgré la forte capacité de résilience, les habitants du Nord-Kivu sont actuellement soumis à l'improductivité et contraints à vivre en déplacement dans les camps de déplacés pour certains et d'autres dans des familles d'accueil à cause de la guerre, vivent sans activités génératrices de revenu pour subvenir à leurs besoins.
"De par cette situation, la province du Nord-Kivu est l'une des grandes contributrices au budget national mais qui ne bénéficie presque rien en terme d'allègement social et fiscal, par contre elle continue à payer le prix plus lourd de son ingéniosité même en vivant dans une zone rouge, les autorités font semblant et veulent que cette population paie toujours les taxes et les impôts même sans rien produire", poursuit leur communiqué.
Elles dénoncent le fait que les autorités provinciales et nationales sans remords, selon leurs propres mots, continuent à ponctionner, à percevoir et à collecter des taxes, impôts et redevances comme si c'était dans la situation normale alors que la cité de Bunagana qui faisait entrer assez de recettes dans la caisse de l'État reste entre les mains des rebelles du M23. Tous les services de mobilisation des recettes continuent à fonctionner alors que c'est dans des circonstances de guerre et des catastrophes qu'on observe une attitude et un comportement de solidarité nationale et l'assistance humanitaire pour un peuple uni.
Les revendications auprès du gouvernement
Eu égard à ce qui précède ces organisations demandent au président de la République, au gouvernement central de la RDC et au parlement ce qui suit jusqu'au retour de la paix :
- Déclarer le Nord-Kivu comme une province sinistre, exemptée des certaines taxes et impôts surtout pour ce qui concerne les produits vivriers venus des zones occupées par les rebelles du M23/RDF et les produits pétroliers à l'importation,
- Solliciter l'abrogation de l'arrêté du gouverneur militaire du Nord-Kivu fixant les frais de participation aux Examens d'Etat à 130 000 FC alors qu'à même temps, il y a d'autres élèves qui ont rompu leurs études à cause de la guerre à Beni, Rutshuru et Masisi, et que le gouvernement central prenne en charge ces frais,
- Réduire sensiblement le nombre de policiers de circulation routière, le nombre d'agents taxateurs de mobilisation des certaines recettes pour les produits vivriers et pétroliers pendant cette période de guere et lever la mesure de circulation des motos à partir de 18 heures dans la ville de Goma afin de réduire les multiples tracasseries fiscales qui s'observent,
- Supprimer toutes les barrières illégales dans les zones sous contrôle du gouvernement qui perçoivent indument des taxes alors que ces agents n'ont pas de qualité,
- Prendre en charge pendant cette période de guerre l'accès à l'eau de la Regideso, à l'électricité et aux soins de santé dans les hôpitaux et centres de santé de l'Etat pour certaines maladies d'origine hydrique sur toute l'étendue de la province.
C`est en ce moment critique, que la province du Nord-Kivu doit bénéficier de la caisse nationale de péréquation du gouvernement, de la solidarité de toutes les confessions religieuses de la RDC et des organisations nationales et internationales humanitaires afin de se mobiliser pour apporter de l'assistance nécessaire aux vulnérables pour maintenir la cohésion nationale.
Diddy MASTAKI, Goma