L'année 2024 a été le théâtre d'événements tragiques à Goma, mettant en lumière les graves lacunes dans la gouvernance de la République démocratique du Congo (RDC). Ces crises, allant des tueries aux enlèvements, en passant par les attaques à la grenade et les conditions précaires des déplacés internes, témoignent d'une gestion défaillante des crises sécuritaires, sociales et humanitaires dans la province du Nord-Kivu, a exprimé lors d'un point de presse tenu au foyer culturel de Goma, la coalition de membres de la société civile composé du Parlement des jeunes, la REC, le collectif des mouvements citoyens, la société civile du Congo et Best Forever.
Pour Me Justin Murutsi alors président du parlement des jeunes, '' L'inaction du gouvernement face à ces drames répétitifs révèle une irresponsabilité criante et un manque de volonté politique pour répondre aux attentes légitimes de la population. Les tragédies qui se succèdent démontrent une incapacité à garantir la sécurité et à améliorer les conditions de vie des habitants de Goma et du Nord-Kivu."
Et d' ajouter : "en dépit de cette inertie, des initiatives locales émergent. Les actions citoyennes, portées par des mouvements de jeunes et des organisations communautaires, montrent que la population cherche à combler le vide laissé par l’État. Ces efforts témoignent d’un esprit de résilience, mais ils ne peuvent se substituer à un rôle étatique fort et structuré".
Il est impératif que le gouvernement congolais assume pleinement ses responsabilités en priorisant la sécurité, en renforçant le système judiciaire et en mettant en œuvre des politiques de gouvernance plus efficaces. Parmi les mesures urgentes, la déclaration du Nord-Kivu comme "province martyre" pourrait marquer une reconnaissance des souffrances endurées par la population et ouvrir la voie à des interventions plus ciblées, suggère cette coalition des membres de la société civile.
Sans actions concrètes, le spectre d'une crise humanitaire et sécuritaire encore plus grave risque de devenir inéluctable. La communauté internationale, quant à elle, ne peut rester indifférente face à la situation. Une intervention proactive, tant sur le plan humanitaire que sécuritaire, est nécessaire pour atténuer les souffrances et empêcher une escalade de la violence, poursuivent t-ils
Gloiredo Ngise, Goma