La communauté musulmane de Beni, dans l’Est de la RDC, a célébré vendredi l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du mois sacré du ramadan, dans un contexte sécuritaire toujours tendu, appelant les fidèles à la vigilance face aux terroristes ADF, accusés de massacres dans la région.
Des milliers de croyants se sont réunis au terrain de Football de Kimbangu, à Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, pour une grande prière collective organisée à l’occasion de cette fête de rupture du jeûne.
Prenant la parole au cours de la cérémonie, Masudi Muhongya Kombi, représentant régional adjoint de la Communauté Islamique du Congo (COMICO) à Beni, chargé du développement et des finances, a dénoncé les agissements des Forces démocratiques alliées (ADF), groupe armé d’origine ougandaise actif dans la région.
« Les actes posés par eux sont contraires à notre foi. Ils ne pratiquent ni le djihad ni l’islam. L’islam interdit qu’on s’en prenne aux innocents, aux femmes, aux enfants et aux infrastructures civiles », a-t-il déclaré.
S’adressant particulièrement aux jeunes musulmans, il a mis en garde contre « les ruses et impostures des ADF » ainsi que d’autres groupes armés opérant dans l’Est du pays.
Selon lui, l’islam « signifie la paix » et ne peut être associé aux violences qui endeuillent depuis plusieurs années la région de Beni, avant de réaffirmer l’engagement de la Comico-Beni à accompagner les Forces armées de la RDC (FARDC) et les services de sécurité dans la lutte contre les groupes armés, dont les ADF et le M23.
Le responsable religieux a également salué les efforts des autorités congolaises en faveur du rétablissement de la sécurité, tout en rappelant les difficultés traversées par la communauté musulmane locale ces dernières années.
Il a notamment évoqué l’assassinat, en décembre 2021, de Cheikh Ali Amin, l’un des responsables musulmans de Beni, tué dans une mosquée de Malepe, un épisode qui avait profondément marqué les fidèles musulmans.
Le ramadan, neuvième mois du calendrier lunaire musulman, est considéré comme le plus sacré de l’islam. Durant cette période, les fidèles observent le jeûne de l’aube au coucher du soleil, dans un esprit de piété, de discipline et de solidarité.
Masudi Muhongya a rappelé que cette pratique constitue l’un des cinq piliers de l’islam, aux côtés de la profession de foi, de la prière, de l’aumône et du pèlerinage à La Mecque.
Par Merveilles Kiro