La poursuite des affrontements armés dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, dans l'Est de la République démocratique du Congo, a entraîné d'importants déplacements de populations et une détérioration de la situation humanitaire, a alerté le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) dans son dernier rapport.
Selon l'agence onusienne, les violences persistent particulièrement dans les Hauts-Plateaux du territoire de Fizi, notamment autour de la zone de santé de Minembwe, où des attaques contre plusieurs villages ont causé des pertes en vies humaines, la destruction d'infrastructures essentielles et de nouveaux mouvements de population.
Entre le 17 et le 18 mai, près de 6 000 personnes ont fui les affrontements dans le village de Rugezi, situé dans la zone de santé de Minembwe, pour trouver refuge dans les aires de santé de Mukera et Kichula, en territoire de Fizi, selon un document consulté par la presse.
Outre les combats, les enlèvements et les attaques visant les usagers des principaux axes d'approvisionnement compliquent davantage l'accès des populations déplacées, retournées et des communautés hôtes aux biens et services de base.
Dans le territoire voisin de Kalehe, OCHA fait également état d'une dégradation de la situation sécuritaire dans les Hauts-Plateaux de Ziralo, Mubuku, Buzi ainsi que dans les secteurs de Mbinga Nord et Sud. Cette insécurité a provoqué de nouveaux déplacements au cours du mois de mai, augmentant considérablement les besoins en assistance humanitaire.
Les zones de santé de Bunyakiri, Kalonge et Minova ont ainsi accueilli près de 48 500 personnes déplacées, exerçant une forte pression sur les communautés d'accueil et sur des services sociaux déjà fragilisés.
Parmi ces déplacés, plus de 14 000 personnes ont quitté le groupement de Ziralo entre fin avril et le 6 mai pour rejoindre les aires de santé de Hombo-Sud et Irangi, dans la zone de santé de Bunyakiri. Par ailleurs, plus de 27 600 personnes se sont réfugiées dans les aires de santé de Cheya, Chebumba et Kalungu, dans la zone de santé de Minova, à la suite des violences enregistrées dans les zones de santé de Minova et de Kirotshe, au Nord-Kivu.
Dans le territoire de Shabunda, les affrontements ont également provoqué le déplacement de 6 762 personnes supplémentaires vers la zone de santé de Kalonge, perturbant notamment le déroulement des activités scolaires.
Face à cette situation, les acteurs humanitaires s'inquiètent également de la flambée des prix des denrées alimentaires et des difficultés d'accès aux zones affectées. Les restrictions de mouvement, combinées au mauvais état des routes, compliquent considérablement l'acheminement de l'aide humanitaire dans plusieurs territoires, notamment à Fizi et Walungu.
Selon des sources locales, les combats opposant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les groupes d'autodéfense Wazalendo, aux rebelles de l'AFC-M23 se poursuivaient encore samedi dans la région de Minembwe et ses environs, faisant craindre une aggravation de la crise humanitaire dans cette partie du Sud-Kivu.
David Aluta