Au lendemain des obsèques du cycliste Congolais Miguel Masaïsaï, la communauté Nande plaide pour que la ville de Goma, au Nord-Kivu, soit officiellement déclarée capitale du cyclisme en République Démocratique du Congo. Une initiative présentée comme un hommage à ce jeune sportif qui avait fait de son vélo un instrument de promotion de la paix dans l’Est du pays.
Décédé le 18 septembre 2026 à Ouesso, au Congo-Brazzaville, à la suite d’un accident de circulation, Miguel Masaïsaï a été inhumé le jeudi 22 octobre à Kinshasa. Parmi les communautés et organisations profondément affectées par sa disparition figure l’Association culturelle Nande (ACN Kighanda), qui entend perpétuer son engagement en faveur de la paix.
Lors des obsèques organisées à l’Hôpital du Cinquantenaire, la communauté Nande a ainsi lancé un plaidoyer auprès du gouvernement Congolais pour que Goma soit consacrée capitale nationale du cyclisme. Cette revendication a été portée notamment par Jérôme Paluku, président de l’intercommunautaire du Nord-Kivu à Kinshasa.
« Nous avons demandé que Goma soit déclarée capitale du cyclisme », a-t-il affirmé, rappelant que Miguel Masaïsaï avait entrepris depuis cette ville un long périple à vélo jusqu’à Kinshasa, avant de reprendre la route en direction du Maroc. Un voyage au cours duquel la mort l’a malheureusement surpris.
Selon Jérôme Paluku, le parcours du jeune cycliste représente environ 14 000 kilomètres parcourus à vélo, avec un message constant : promouvoir la paix et faire entendre la voix des populations meurtries du Nord-Kivu et de l’ensemble de l’Est de la RDC.
Goma, un symbole au-delà de l’occupation
Le projet soulève toutefois une question majeure : comment concrétiser cette ambition alors que Goma est actuellement sous le contrôle du mouvement armé Front pour la Refondation de la Nation (FRN), selon les éléments avancés dans le contexte de cette revendication ?
Pour Jérôme Paluku, cette situation ne remet pas en cause l’avenir du projet. Il se dit convaincu que la ville retrouvera un jour son autorité nationale et que les hommages à Miguel Masaïsaï pourront alors se poursuivre sur sa terre d’origine.
« Nous savons que demain, après-demain, tous ceux qui viennent nous menacer à Goma vont partir. Nous allons chasser l’ennemi de Goma et nous y retournerons pour faire son mausolée et commencer à ériger cette capitale du cyclisme à Goma », a-t-il déclaré.
Un héritage de paix et d’unité nationale
Au-delà de cette revendication, la communauté Nande veut faire de la mémoire de Miguel Masaïsaï un symbole de résistance, de cohésion nationale et d’engagement citoyen.
Dans un hommage empreint d’émotion, le professeur Roger Kasereka Mwanawavene a réaffirmé l’attachement de cette communauté à l’intégrité territoriale de la RDC, à l’unité nationale et aux institutions de la République. Il a également exprimé son soutien au chef de l’État, aux Forces armées de la RDC (FARDC) et aux jeunes patriotes Wazalendo.
« Tu n’avais ni arme, moins encore un char de combat. Tu n’avais que ton vélo, un cœur vaillant et ton obsession pour la paix », a-t-il souligné, saluant un jeune athlète dont chaque coup de pédale portait, selon lui, un message en faveur de la paix dans l’Est du pays.
Pour le professeur Roger Kasereka Mwanawavene, le meilleur hommage à rendre au disparu consiste à poursuivre son combat pour un Congo pacifié, uni et capable de contribuer à la paix en Afrique.
« Ton vélo s’est arrêté, ton cœur s’est tu, mais ton message ne mourra jamais. Pour la paix dans notre pays, nous continuons à pédaler », a-t-il conclu.
La demande de faire de Goma la capitale Congolaise du cyclisme ouvre ainsi une nouvelle perspective pour honorer la mémoire de Miguel Masaïsaï. Reste à savoir quelle suite le gouvernement réservera à ce plaidoyer, qui associe promotion du sport, mémoire d’un jeune athlète et aspiration à la paix dans l’Est de la RDC.
Pacheco Kavundama