Le député provincial élu d’Irumu, Isaac Lebisabho, dénonce les tracasseries dont seraient victimes les usagers de la route de desserte agricole Diango–Kabarole, particulièrement sur le tronçon compris entre le pont Nyara et Kabarole. Au cours d’une récente itinérance dans cette zone, l’élu affirme avoir constaté des barrières et des perceptions imposées à la population par certains éléments des forces de défense.
Selon Isaac Lebisabho, ces pratiques constituent une charge supplémentaire pour une population déjà confrontée aux difficultés du quotidien. Il estime que les usagers de cette route doivent pouvoir circuler librement, sans être régulièrement arrêtés, soumis à des perceptions ou exposés à des actes qu’ils considèrent comme des « tracasseries ».
L’élu provincial rappelle par ailleurs que le gouverneur militaire de l’Ituri, le Général-Major Kasongo Gaby, avait donné des instructions en faveur de la suppression des barrières de tracasserie sur les routes de la province. Il interpelle ainsi le commandant du régiment basé à Diango, l’appelant à faire respecter les directives de la hiérarchie et à veiller à ce que les éléments déployés sur cet axe assurent leur mission de protection de la population.
Isaac Lebisabho s’interroge également sur le rôle de certains éléments de la RAD présents dans cette zone. Il appelle le colonel Libandi, responsable de la RAD en Ituri, à renforcer l’encadrement et la discipline de ses éléments, afin d’éviter que la population ne soit confrontée à des pratiques similaires.
Au cours de son déplacement, le député affirme avoir rencontré des éléments portant la nouvelle tenue des FARDC ainsi que d’autres portant une ancienne tenue que la population identifie comme appartenant à la RAD. Pour lui, cette situation entretient une certaine confusion sur le terrain et renforce le sentiment d’injustice chez les usagers de la route.
Pour Isaac Lebisabho, les forces de défense et de sécurité ont pour mission de protéger la population et ses biens, mais également de faciliter la circulation. Il estime que la sécurité ne devrait en aucun cas devenir une source de souffrance ou d’appauvrissement pour les citoyens qu’elle est censée protéger.
La dénonciation du député provincial appelle désormais des éclaircissements des responsables concernés. Le commandant du régiment basé à Diango, tout comme le responsable de la RAD en Ituri, n’ont pas encore réagi à ces accusations. Leurs réactions éventuelles permettront d’apporter leur version des faits et d’éclairer l’opinion sur la présence de ces barrières ainsi que sur la nature des perceptions dénoncées. En attendant ces explications, la population de l’axe Diango–Kabarole reste dans l’attente de mesures concrètes susceptibles de garantir une circulation plus libre et de mettre fin aux pratiques décriées.
Joël Heri Budjo